Dragon

 

Les combats pour franchir l'Ourcq à l'est de Fère-en-Tardenois

 


 

 

Les combats pour franchir l'Ourcq à l'est de Fère-en-Tardenois

 

Randonnée du 19 Mai 2001

marche organisée par Henri Maurel

- Circuit d'environ 16 km (10/11 le matin, 6 l'après-midi). Prévoir de bonnes chaussures.

- Départ à 9 heures précises place de l'église à Cierges, rendez-vous à partir de 8 heures 30.

- L'arrêt casse croûte est prévu aux environs de 13 heures à la ferme de Meurcy. Apporter son repas, une voiture pourra en assurer le transport depuis Cierges.

- Le retour aux véhicules est prévu vers 17 heures.

LES EXPOSES

1 - Le Bois des Grimpettes. L'attaque de la 28ème Divisions U.S.

2 - Courmont la source d'eau potable

3 - La recherche d'une rivière importante - Le 168ème R.I. U.S. franchit l'Ourcq

4 - La situation du 27 juillet et le déploiement américain

4bis - La cote 212 atteinte le 28 juillet 1918 par le 3/168ème R.I.U.S., 42ème D.I.U.S.

4ter - La première approche de l'Ourcq le 27 juillet 1918

5 - Les attaques de la 42ème D.I. U.S. pour franchir l'Ourcq

6 - L'approche par le sud-ouest de la 42ème D.I. U.S. - La cote 180 à l'ouest de Seringe

7 - Villers-sur-Fère, un cheminement pour s'approcher de l'Ourcq - Colonel Mac-Arthur

8 - La traversée de l'Ourcq et la prise de Seringes

9 - La ferme fortifiée de Meurcy - Le cimetière américain

10 - La progression vers le nord

11 - Sergy, village pris, perdu, repris

12 - Les ligne le 1er août 1918. Les Jomblets et le Pelgé. Le petit train et les munitions qui sautent. Les combats de la 32ème Division U.S..

13 - Retour à l'église de Cierges


Préparation avant le départ


LES DATES IMPORTANTES

29 mai

Occupation de Courmont par les Allemands

17 juillet

La 42e D.I.U.S. quitte la 4e armée pour la 6e

22 juillet

3e D.I.U.S. reprend Jaulgonne

25 juillet

3e D.I.U.S. atteint Le Charmel

25 juillet

Avant garde du 156e R.I., 39e D.I. atteint Courmont, avant la relève par la 28e D.I.U.S.

25/26 juillet

Dans la nuit du 25 au 26 relève du 156e R.I.(39e D.I.) par le 110e R.I. de la 28e D.I.U.S. à Fresnes

26 juillet

Relève de la 26e D.I.U.S. par la 42e D.I.U.S., région Beuvardes, La Croix Rouge

26 juillet

Relève de la 167e D.I. (1er Corps U.S.) par la 42e D.I.U.S. (165e R.I.), région Beuvardes

26 juillet

Tir d'Artillerie sur Fresnes, mort du Colonel Fetzyler qui commande le 110e R.I. il est remplacé par le Colonel Martin

27 juillet

Prise du Château du Charmel

27 juillet p.m.

Relève de la 164e D.I. (7e Corps) par la 42e D.I.U.S. (1/166e R.I.), région Nord Beuvardes

27 juillet p.m.

Tentatives infructueuses du 1 et 3/168 sur l'Ourcq, repli sur Fermes de Cense et Favières

27 juillet p.m.

Tentatives infructueuses du 1/165 sur nord de l'Ourcq vers Grand Maison, repoussé vers carrefour 700m N/O Favières

27 juillet p.m.

Le 2/165 atteint le ru de la Taverne Est de Villers

27 juillet p.m.

Impossible de faire la relève de la 52e D.I. (7e Corps) car elle a avancée

28 juillet

le Colonel Martin lance l'assaut sur le Bois des Grimpettes sans préparation d'Artillerie, échec sanglant : pertes = 200 hommes

28 juillet a.m.

4 h 50 : 3/168 sur cote 212

28 juillet a.m.

8 h : 1/168 à l'est de 3/168

28 juillet a.m.

Matinée : 2/168 S/O de cote 212

28 juillet a.m.

9 h : 2/167 N/O de Sergy

28 juillet a.m.

Tentatives infructueuses sur Sergy par compagnies du 166 et 168

28 juillet a.m.

3 h 45 : 1 et 3/165 échouent à l'Est de Meurcy, repli sur l'Ourcq

28 juillet a.m.

1/166 échoue à la Fontaine-sous-Pierre, repli sur le chemin à 11 h

28 juillet a.m.

2/165 échoue à la Fontaine-sous-Pierre, repli sur le chemin à midi

28 juillet p.m.

15 h une brigade de la 3e D.I.U.S. prend Ronchères

28 juillet p.m.

La relève de la 52e D.I. (7e Corps) est finalement faite par la 62e D.I. (2e Corps)

28/29 juillet

Dans la nuit du 28 au 29 violent tir d'artillerie tombe sur P.C. du 110e R.I., le Colonel Martin était sorti pour se soulager, cela lui sauve la vie !

29 juillet

La 62e D.I. progresse dans Fère

29 juillet p.m.

2/166 prend Seringes et la cote 184 à 16 h

29 juillet p.m.

1/165 prend le Bois Colas et Meurcy ? à 21 h 30

30 juillet

Relève de la 3e D.I.U.S. par la 32e D.I.U.S, depuis juin la 3e a perdu 6600 hommes

30 juillet

La 28e D.I.U.S. attaque deux fois le Bois des grimpettes avec préparation d'artillerie. La 2e tentative déborde le bois jusqu'à Cierges, mais repli sur le bois

30 juillet

Mort de Joyce Kilmer

30 juillet p.m.

Prise de Sergy. Au soir, avant-postes du 168 au Nord de Sergy

30/31 juillet

Relève, dans la nuit, de la 28e D.I.U.S. par la 32e D.I.U.S, la 28e a perdu 1400 hommes

31 juillet a.m.

Les Allemands ont profité de la nuit pour abandonner la route Ronchère-Goussancourt pour la ligne Reddy-Courteau-Rognac

31 juillet

Echec de la 32e D.I.U.S. aux Jomblets, Cierges est pris

1er août

La 32e D.I.U.S. prend la cote 230

1er août/2 août

Dans la nuit les Allemands retraite, Mac-Arthur part de Sergy vers Meurcy, Père Duffy enterrant Joyce Kilmer

2 août

Progression vers le nord, libération de la vallée de l'Orillon

2 août/3 août

Relève, dans la nuit, de la 42e D.I.U.S. par la 4e D.I.U.S

12 août

Retour des civils à Courmont

18 octobre

Le dépôt de munitions saute

 

Devant la Mairie de Cierges


La progression des divisions américaines :

 

 

Les combats pour franchir l'Ourcq à l'est de Fère-en-Tardenois

 

Départ de Cierges

1 - Le Bois des Grimpettes. L'attaque de la 28ème Divisions U.S.

 

Limite Est de la VIème Armée derrière Ronchères - 4ème D.I., 3ème C.A. - 28/7 limites du bois Meunière atteinte le soir.

38ème C.A (de Mondésir), 3ème D.I. U.S. : 22/7 Jaulgonne, 26/7 Le Charmel, 28/7 Ronchères; 39ème D.I. (156e R.I.) 25/7 Fresnes, Courmont, relève nuit du 25 au 26 par la 28ème D.I. U.S.( 110e R.I.),

26/7 : artillerie sur Fresnes mort du colonel Fetzyler, remplacé par colonel Martin qui s'installe à Courmont. Le 28 il lance une 1ère attaque sans préparation d'artillerie, sur le bois des Grimpettes, pertes 200 blessés ou tués. Nuit du 28 au 29 , artillerie sur P.C. de Courmont, Martin a une envie d'uriner qui le sauve. 30/7, après préparation d'artillerie 1ère puis 2ème attaque qui réussit, avec l'aide d'éléments de la 32ème D.I.U.S. (le 30/7 la 32ème relève la 3ème D.I. U.S.) sur son élan l'attaque avance vers Cierges.

Nuit du 30 au 31 : la 32ème relève la 28ème qui a perdue en 3 jours, 1400 blessés ou tués.

Les morts Allemands non enterrés, squelettes brûlés lors de l'incendie de broussailles de 1921.

 

Premier arrêt face à l'Ourcq

Extrait des combat du 42ème R.A.C. de la 4ème D.I.

 

"28 juillet.- Au petit jour, les groupes occupent dans la région qui leur a été fixée des positions correspondant à leur mission, les mises en batterie ont été assez difficiles à cause du terrain détrempée :

1er/42e, Ferme Avize, appui du 9e B. C. P.;

2e/42e, au sud-ouest du précédent, appui du 120e R.I.;

3e/42e, environs de la Ferme de la Fosse (nord-est du Charmel) appui du 18e B. C. P..

 

Les deux premiers sont sous les ordres du lieutenant-colonel Sayet, le 3e à la disposition du lieutenant-colonel Beau. L'objectif de l'infanterie est le Bois Meunière, elle est à Champvoisy à 7h 30; à 8h 50,1a 1ère batterie envoie une section à 1.500 mètres au sud de La Chapelle-Hurlay pour battre les mitrailleuses signalées à la lisière sud du Bois Meunière. A 9 heures, la Défense est prise et le 2e groupe se porte par échelons au sud de la Ferme du Bois de la Forge. La 7e batterie est assez sérieusement bombardée, le sous-lieutenant Reberget peut néanmoins faire continuer le tir.

 

A 15 heures, une brigade américaine à la gauche de la 4e D. I. s'empare de Ronchères, le 18e B. C. P. atteint le Télégraphe détruit, mais est obligé de ramener ses éléments avancés, nous tenons le bois nord de la Défense. La lisière du Bois Meunière est solidement organisée; des trous disséminés à 100 ou 200 mètres au sud du bois sont garnis de mitrailleuses protégées par un réseau Brun; l'artillerie ennemie paraît également assez puissante, elle tire vigoureusement sur nos lignes avancées des obus explosifs et toxiques.

 

Les 29 et 30 juillet, plusieurs tentatives de l'infanterie sur le Bois Meunière avec ou sans artillerie restent sans résultat. Le Bois Meunière est bombardé jour et nuit par les batteries.

 

Le 31 juillet, les officiers de liaison signalent de bonne heure que des reconnaissances sont entrées dans le bois sans difficulté et que l'infanterie les suit. Les commandants de groupe se portent aussitôt en avant, et les batteries se tiennent prêtes à se déplacer. Une résistance se manifeste sur la ligne Ferme Reddy-Ferme Courteaux-Bois de Rognac, de nouvelles positions sont occupées:

 

3e groupe, est de Ronchères;

2e groupe, vers la Grange-aux-Bois; 1er groupe, lisière du Bois Meunière. Les batteries arrivent à temps pour tirer sur des éléments d'infanterie visibles qui laissent de nombreux cadavres trouvés les jours suivants. Le 18e B. C. P. envoie ses félicitations, et le général Lebrun, commandant le 3e C. A., qui a la 4e D. I. sous ses ordres complimente le 42e pour la rapidité de son mouvement.

 

Le ler août, la progression est arrêtée momentanément afin que les divisions de droite et de gauche se mettent à l'alignement les batteries tirent sur les arrières; le lieutenant-colonel Sayet reprend le commandement des trois groupes"

 

Le bois des Grimpettes est à l'Est

38ème C.A., Mémoires du Général de Mondésir

 

"..... A plusieurs reprises, l'ennemi s'était fortement retranché, et il fallut manoeuvrer, malgré l'étroitesse de la zone qui m'était impartie. II en fut ainsi au Charmel, le 26, et sur l'0urcq, le 28. Là, l'ennemi parut avoir l'intention de nous arrêter sérieusement.

 

Au Charmel, les 4e et 30e régiments de la 3e D. U. S. se distinguèrent.

 

Les Allemands ont déjà bien préparé les positions de défense au Nord de la rivière quand les troupes françaises et américaines arrivent au contact le 27 Juillet au soir. La 3ème Division U.S. progresse sur la route du Charmel à Ronchères. La division française à sa gauche a pris Courmont en passant par Fresnes; elle est relevée par la 28ème Division U.S..

 

Le 28 Juillet, Ronchères est pris par la 3ème Division et la 28 ème Division aligne difficilement son front. Pendant les combats, la résistance allemande est telle, qu'il est évident qu'ils veulent s'arrêter sur cette excellente ligne de défense couronnée par le Bois des Grimpettes, qui est une position clef. Toute progression ultérieure dépend de la prise du Bois des Grimpettes, le 28 puis le 29 Juillet il est attaqué par la 3ème Division depuis Ronchères et par la 28ème depuis Courmont.

 

Sur l'0urcq, le 4e régiments de la 3e D. U. S, encore, exécuta avec succès les manoeuvres que j'avais prescrites sur Ronchères et un bois au N. et qui obligèrent l'ennemi à abandonner la rivière. Nous fîmes alors des prisonniers de quatre divisions différentes, parmi lesquelles la 39e et la 5e division de la Garde. Cela indiquait chez nos adversaires d'abord un important renforcement et aussi sans doute, un mélange d'unités dû sûrement à leur pertes et à leurs désarroi.

 

Le 30 Juillet, la 3ème Division est relevée par la 32ème. La 3ème Division U.S. est restée en ligne depuis le début de Juin et a combattu superbement, ses pertes sont de 6600 tués ou blessés. Le même jour la 28 ème Division attaque, deux fois, après une courte mais intense préparation d'artillerie, après des combats à la baïonnette et avec l'aide de la 32 ème Division, elle prend enfin le bois. Dans son élan la 28ème Division atteint les premières maisons de Cierges mais doit se replier sur le bois d'où elle repousse une contre-attaque allemande à la tombée du jour.

 

Le 1er août, la cote 230 au Nord de Cierges était conquise. Le 2, les Allemands battaient délibérément en retraite sur la Vesle, qu'ils commençaient à passer le 3, après avoir solidement organisé Fismes où ils avaient plusieurs ponts."

 

Une carte est toujours nécessaire

Souvenirs d'un habitant de la région

 

Monsieur Albert Damery, de Fresnes-en-Tardenois, se souvient de ce que sa mère et les habitants de Courmont lui ont raconté dans son enfance. Du 29 Mai au 25 Juillet les Allemands, pendant 58 jours ont occupé Courmont.

 

Le village est réoccupé le 25 Juillet par le 156ème R.I., qui fait partie de la 39ème D.I. du 38ème C.A.. Les avant-gardes s'aventurent jusqu'à l'Ourcq, laquelle à Courmont n'est qu'un ruisseau, mais dominé, sur sa rive droite, par une puissante colline dénudée, couronnée par le redoutable "Bois des Grimpettes" occupé par une forte unité de mitrailleurs allemands.

 

La relève du 156ème R.I. s'effectue dans la nuit du 25 au 26 Juillet, par un temps exécrable. Les éclairs des canons et ceux des cieux se mêlent au tonnerre et à une pluie diluvienne. La relève est assurée par le 110ème R.I.U.S. de la 28ème D.I.U.S.. Ils arrivent par Mont-Saint-Père, la ferme des Franquets, le pré d'Igny, au Charmel et à travers les bois seigneuriaux de Fresnes, par le Chemin du Dors Mage.

 

Le 110ème R.I.U.S., commandée par le Colonel Fetzyler, se trouve à Fresnes et est pris à partie le 26 Juillet par l'Artillerie allemande, le Colonel Fetzyler et une partie de son Etat-Major sont tués dans le bombardement, il repose au cimetière de Seringes et Nesles. Après la disparition du Colonel Fetzyler, le Colonel Edward Martin prend le commandement du régiment et s'installe dans la propriété "Poirier", à Courmont.

 

Le 28 Juillet, sans préparation d'Artillerie, le Colonel Martin lance son régiment à l'assaut du "Bois des Grimpettes", il en résulte un échec cuisant. Lorsque les unités quittent le mince abri que leur procurent les talus du fond de la vallée, elles avancent confiantes vers le sommet boisé et quand elles sont bien à découvert les mitrailleuses allemandes entrent en action, plus de 200 hommes restent sur le terrain dont le Capitaine Simpson, les Lieutenants Rodgers, Day et bien d'autres.

 

Dans la nuit du 28 au 29 Juillet le P.C. du 110ème R.I.U.S. est détruit par un obus de gros calibre, plusieurs officiers américains et leur prisonniers allemands, qu'ils interrogent, sont tués ou blessés. Le salut du Colonel Martin repose sur une envie d'uriner qui l'amène, à ce moment, à sortir à l'extérieur du bâtiment et à s'isoler dans le verger ! Un agent de liaison, motocycliste, français, est coincé sous les ruines et est dégagé par la suite. Il est ensuite évacué par les ambulances Ford, vers l'hôpital militaire américain de Château-Thierry.

 

Les soldats américains tombés dans l'assaut du 28 Juillet sont enterrés au Sud du bois, ils seront exhumés, par des soldats américains de race noire, par une chaleur insupportable et dans une atmosphère pestilentielle, en Juillet et Août 1919 pour être définitivement enterrés au cimetière de Seringes.

 

Pendant la nuit du 30 au 31 Juillet la 32ème Division U.S. relève la 28ème D.I.U.S., qui vient de perdre, en 3 jours, 1400 tués ou blessés. Le soir de sa victoire le Colonel Martin déclare que la prise du "Bois des Grimpettes" s'est faite "comme à la parade" !!!!!

 

Les souffrances du 110ème régiment n'étaient pas terminées pour autant, les unités relevées quittent Ronchères, de nuit, par le chemin menant à la ferme de la Villardelle, en direction du Charmel, elles sont bombardées par des "Taubes" et perdent une cinquantaine d'hommes qui sont enterrés le long de la route, ils seront également exhumés en 1919.

 

"Le père de Monsieur Damery bénéficie d'une permission en Octobre 1918, il se rend au Bois des Grimpettes et constate l'efficacité de l'artillerie allié, trois mois plutôt. Les tirs ont dû être très violents, puisque les soldats du 110ème RI US, du Colonel Martin, se sont rendus maître du Bois "Comme à la parade" d'après les écrits du Colonel.

 

Les mitrailleurs allemands étaient tués dans leurs trous sur leurs armes. Ces cadavres sont délaissés et se décomposent sur place, sans sépulture. La nature reprend ses droits le taillis repousse. L'été 1921 est torride, un incendie ravage le Bois des Grimpettes et les squelettes oubliés sont calcinés."

 

Progression vers l'Ouest

 

2 - Courmont la source d'eau potable

 

Courmont occupé par les Allemands du 29 Mai au 25 Juillet (Deux civils sont restés et seront emmenés par les Allemands). Les civils ne seront autorisés à revenir qu'après le 12 Août odeur pestilentielle (animaux morts), destructions. Un hôpital de campagne américain installé à Courmont.

 

La source du lavoir de Courmont captée. Puits et sources empoisonnés sur le front de la Vesle, les ambulances ramènent les blessés et remonte de l'eau pour la troupe.

 

Octobre 18, vers l'actuel silo à grain, dépôt de munitions U.S. qui doit suivre le déplacement du front, des gargousses qui restent sont incendiées par les Américains, incendie et blessures.

 

Alain présente les difficultés de la 28ème division U.S. à Courmont

 

Souvenirs d'un habitant de la région

 

"Les civils ont l'autorisation de rentrer à Courmont après le 12 Août 1918. Partout des ruines et une odeur pestilentielle due aux animaux morts dans les vergers, qui avaient servi d'abris précaires lors du déchaînement de l'artillerie alliée. Il n'est pas facile, pour les civils, de retrouver leur mobilier dispersé, tant à cause de la cupidité de Français peu scrupuleux que de l'intransigeance des militaires américains.

 

Pendant ce temps le 110ème RI US, reposé et renforcé reprend contact avec l'ennemi sur la Vesle, Villette, Fismes et Fismette. Les gens de Pennsylvanie sont, à nouveau, confrontés à de durs combats. Les Allemands utilisent à grande échelle les gaz asphyxiants, les blessés sont nombreux.

 

Si bien que les Américains installent à Courmont, à l'emplacement des maisons Coquel et Guay un gros hôpital de campagne et une station de décontamination. L'ensemble signalé à l'intention de l'aviation par une grande croix rouge constituée en tuileaux de tuiles rouges, matériau facile à trouver sur ce lieu de production.

 

Dans leur retraite, les Allemands ont pollué tous les points d'eau. Si bien que les services sanitaires américains analysent les puits et les sources, puis captent la source du lavoir dans un réservoir en béton et installent une station de pompage. Là, les ambulances Ford après avoir déchargé leurs blessés et gazés à l'hôpital, font le plein d'eau potable, à l'intention des combattants de la Vesle. Non éloigné de l'hôpital, à l'intersection des routes de Cierges et de Ronchères, se trouve un cimetière d'une trentaine de tombes.

 

En Octobre 1918 également, à l'emplacement actuel du silo à grain, au bord de l'Ourcq, se trouve un important dépôt de munitions. Les soldats américains chargés de le transporter, en camion, plus au Nord, chargent tous les camions et le convoi se met en route en direction de Cierges. Une équipe , ayant une camionnette Ford, répand sur une centaine de mètres des sacs de poudre qu'ils allument avant de déguerpir. La suite est prévisible le reliquat du dépôt s'embrase, une meule de récolte est incendiée et un cheval, à quelques centaines de mètres a les yeux brûlés par une fusée.

 

Monsieur et Madame Turlure sont les seuls habitants de Courmont en 1918 à rester, à l'époque, avec les Allemands, pendant les combats de Juillet. Ils sont déportés par les Allemands, pendant leur retraite, ils seront libérés, à Fourmies, après l'armistice.

 

A Ronchères, au Sud se trouve le bois de la Garenne, en Juillet 1918 une importante concentration d'artillerie allemande est prise à partie et anéantie par l'artillerie alliée, vingt ans après des caissons détruits sont encore visibles. Les pertes en hommes doivent être lourdes car les Allemands rasent les tombes civiles françaises pour enterrer leurs morts entre l'église et la place. Après exhumation et transport des sépultures vers une nécropole militaire le cimetière est progressivement remis à la disposition des habitants de Ronchères."

 

Direction le Moulin de Carenda

3 - La recherche d'une rivière importante

Mauvaise compréhension (relève de nuit, du 25 au 26, entre Français et Américains, sous la pluie) d'un détail la ligne de front : la largeur de l'Ourcq - 20 mètres ! Ce ne peut être le petit ru au pied de Courmont, il faut envoyer une reconnaissance plus au nord pour trouver cette rivière

 

Ce secteur était tenu par les Allemands le 27 juillet

Monsieur Albert Damery, de Fresnes-en-Tardenois, se souvient de ce que sa mère et les habitants de Courmont lui ont raconté dans son enfance. Du 29 Mai au 25 Juillet les Allemands, pendant 58 jours ont occupé Courmont.

 

Le village est réoccupé le 25 Juillet par le 156ème R.I., qui fait partie de la 39ème D.I. du 38ème C.A.. Les avant-gardes s'aventurent jusqu'à l'Ourcq, laquelle à Courmont n'est qu'un ruisseau, mais dominé, sur sa rive droite, par une puissante colline dénudée, couronnée par le redoutable "Bois des Grimpettes" occupé par une forte unité de mitrailleurs allemands.

 

La relève du 156ème R.I. s'effectue dans la nuit du 25 au 26 Juillet, par un temps exécrable. Les éclairs des canons et ceux des cieux se mêlent au tonnerre et à une pluie diluvienne. La relève est assurée par le 110ème R.I.U.S. de la 28ème D.I.U.S.. Ils arrivent par Mont-Saint-Père, la ferme des Franquets, le pré d'Igny, au Charmel et à travers les bois seigneuriaux de Fresnes, par le Chemin du Dors Mage.

 

Là, en rencontrant les premiers éléments du 156ème R.I., les Américains leur demandent quelle est la largeur de l'Ourcq, 20 mètres leur répondent les Français. Plaisanterie ou incompréhension linguistique ? Qui peut le savoir 80 ans plus tard ? Toujours est-il que le 110ème R.I.U.S., sous une pluie battante occupe Fresnes et un bataillon occupe, en bivouac, le bois de La Garenne, tandis que les éléments avancés d'un autre bataillon gagne Courmont et qu'une reconnaissance recherche la rivière : l'Ourcq.

 

Cette reconnaissance ne rencontre qu'un petit ruisseau et décide de le suivre pour trouver la rivière de 20 mètres de large à laquelle ils s'attendaient. Ils suivent, tant et si bien, le ruisseau qu'à un certain moment ils entendent, avec stupeur, des intonations germaniques. Ils avaient suivi l'Ourcq, jusqu'à son confluent avec le ru de Cierges et remonté celui-ci, en passant par l'Ouest du Bois des Grimpettes, en remontant par les fonds de Caranda et en se dirigeant vers Cierges. Sans demander leur reste, ils se replient en hâte.

 

Le chemin s'améliore

 

Le 168ème R.I. U.S. franchit l'Ourcq

Le 28 à 4 heures 50 le 3/158e R.I. U.S. franchit l'Ourcq et atteint la cote 212. Le gros du bataillon au pied de la colline. 8 heures 1/158, à droite le long de la route, dans la matinée 2/168 au sud-ouest de la colline. Cette zone est normalement celle de la 28ème D.I. U.S..

 

Le 158e R.I. U.S. attaque à l'aube du 28 Juillet

 

Extrait du Journal de marche de la 42ème D.I. U.S.

28 juillet 1918

 

A minuit le 27 juillet, la 42ème D.I. U.S. a reçu l'ordre d'attaquer cette nuit .........

 

Dans la zone d'action de la 42ème D.I. U.S., le 3ème Bataillon du 168ème R.I., sur la droite attaqua à 4 heures 50 du matin, força le passage de l'Ourcq et atteignit la crête de la cote 212. Là, une ligne d'avant-poste fut établie avec des flancs exposés. Le restant du bataillon s'abrita sur la route encaissée au pied de la colline Sergy (aujourd'hui un chemin non entretenu). Le 1er Bataillon avança à 8 heures afin de protéger le flanc droit du 3ème Bataillon. Il traversa l'Ourcq et prit position le long de la route, peu sûre à l'est du Moulin de Caranda, dans la zone d'action de la 28ème D.I. U.S.. Le 2ème Bataillon du 168ème, suivi le 1er au travers de l'Ourcq dans la matinée et prit position sur les pentes sud-ouest de la cote 212 afin de protéger le flanc gauche du 3ème Bataillon. Le front du 168ème R.I. était face au nord et à l'est.

 

La pente montée par les Américains ...

 

4 - La situation du 27 juillet et le déploiement américain.

 

Le front se raccourcit le 7ème C.A. doit être retiré - tour d'horizon des unités

 

Le 27 juillet, la Marne est franchie partout, le front commence à se rétrécir. Positions des divisions alliées au sud de l'Ourcq :

 

En direction du Sud, l'avance de la 6ème Armée

 

27 juillet au matin

De l'Est à l'Ouest :

- dans la forêt de Ris la 4ème D.I. Française du 3ème C.A.

- avançant vers Ronchères le 38ème C.A.

- avançant vers Fresnes-en-Tardenois, le 1er C.A. U.S.

- vers Beuvardes, 164ème et 52ème D.I. Françaises , du 7ème C.A.

- de Coincy à Armentières-sur-Ourcq, la 63ème, la 2ème et la 33ème D.I. Française du 2ème C.A. (la 62ème D.I. est en réserve vers Latilly)

 

Pour tenir compte du rétrécissement du front, le 7ème C.A. est retiré du front, (le 38ème C.A. et le 1er C.A. U.S. élargiront leur front et glisseront légèrement vers l'ouest).

 

La cote 212 ne fut pas reprise par les Allemands

 

Une crête allemande dominant la rive sud

 

Barrière de la Savière à l'Ourcq

Le plateau du Tardenois avec une ville principale : Fère-en-Tardenois, l'Ourcq traverse ce plateau d'est en ouest et une longue ligne de crête domine la rive nord de l'Ourcq. Cette crête s'élève depuis la Savière, à Villers-Hélon, passe par Blanzy, Le Plessier-Huleu, Le Grand-Rozoy, Beugneux, Cramaille et s'abaisse entre Saponay et Fère-en-Tardenois, remonte au nord de Fère et continue vers l'est par Seringes, Sergy, Cierges, le Bois Meunière en direction de la Montagne de Reims.

Cette crête est une défense naturelle redoutable pour un assaillant attaquant du sud vers le nord, elle n'offre au centre qu'un étroit passage entre Saponay et Fère.

 

Ce secteur devait être celui de la 28ème D.I. U.S.

 

Le déploiement américain

Après la reprise de Mont Saint Père, les divisions américaines reprennent leur progression. Le 22 Juillet 1918 la 3ème Division U.S. libère Jaulgonne, mais la prise du Charmel sera longue et difficile car les Allemands veulent évacuer les énormes quantités de munitions et de matériel préparées pour leur offensive, infructueuse, du 15 Juillet. La prise du château du Charmel est particulièrement difficile, les Allemands le tiennent jusqu'au 27 Juillet alors que la 3ème Division avait pu reprendre le Charmel, après de très durs combats, dès le 25.

Dans la nuit du 26 au 27 Juillet, les Allemands retraitent sur l'Ourcq. Le Charmel deviendra, dans les jours prochains, le quartier général de la 28ème et de la 32ème Division U.S. pendant les combats du franchissement et du dépassement de l'Ourcq.

 

Les Allemands ont déjà bien préparé les positions de défense au Nord de la rivière quand les troupes françaises et américaines arrivent au contact le 27 Juillet au soir. La 3ème Division U.S. progresse sur la route du Charmel à Ronchères. La division française à sa gauche a pris Courmont en passant par Fresnes; elle est relevée par la 28ème Division U.S..

 

Vers l'Ouest la barrière naturelle

 

4bis - La cote 212 atteinte le 28 juillet 1918 par le 3/168ème R.I.U.S., 42ème D.I.U.S., et 2/167 au nord-ouest de Sergy

 

Dans la zone d'action de la 42ème D.I. U.S., le 3ème Bataillon du 168ème R.I., sur la droite attaqua à 4 heures 50 du matin, força le passage de l'Ourcq et atteignit la crête de la cote 212. Là, une ligne d'avant-poste fut établie avec des flancs exposés. Le restant du bataillon s'abrita sur la route encaissée au pied de la colline Sergy (aujourd'hui un chemin non entretenu). Le 1er Bataillon avança à 8 heures afin de protéger le flanc droit du 3ème Bataillon. Il traversa l'Ourcq et prit position le long de la route, peu sûre à l'est du Moulin de Caranda, dans la zone d'action de la 28ème D.I. U.S.. Le 2ème Bataillon du 168ème, suivi le 1er au travers de l'Ourcq dans la matinée et prit position sur les pentes sud-ouest de la cote 212 afin de protéger le flanc gauche du 3ème Bataillon. Le front du 168ème R.I. était face au nord et à l'est.

 

Le 2ème Bataillon du 167ème R.I., descendit le ruisseau de la Taverne à 9 heures du matin, força le passage de l'Ourcq et établit une ligne le long de la route encaissée au nord-ouest de Sergy (aujourd'hui un chemin non entretenu) avec des avants postes vers le nord. Le 1er Bataillon du 167ème R.I. s'avança en support du 2ème, envoya la Compagnie C sur la ligne front pour tenir le contact avec le 165ème sur la gauche. A 17 heures les Compagnies K et M du 166ème R.I. furent rattachées au 167ème et s'avancèrent depuis la Forêt de Fère afin de combler le vide au sud et à l'ouest de Sergy entre les 167ème et 168ème R.I.. Des patrouilles des Compagnies K et M du 166ème et E du 168ème R.I. pénétrèrent dans Sergy. Le village était solidement tenu par les Allemands qui continuèrent à l'occuper toute la journée.

 

Descente vers Sergy

 

4ter La première approche de l'Ourcq le 27 juillet 1918

 

Sergy, village difficilement repris par la 42ème D.I. U.S.

 

L'église est au nord du village

Le 27, il est impossible de franchir l'Ourcq pour les 1 et 3/168, 2/167 et 1/165.

 

.... Quand la retraite ennemie fut découverte, la 42ème D.I. U.S. ordonna que toutes les unités en ligne entament la poursuite. La poursuite commença au début de l'après-midi.

 

Le 168ème préféra s'établir à l'est de Sergy

 

A l'extrême droite le 1er et 3ème Bataillons du 168ème, en ligne de droite à gauche, atteignirent l'Ourcq où ils furent accueillis par de puissants tirs d'artillerie et de mitrailleuses. Les deux bataillons reculèrent sur une ligne aux nord des fermes de La Cense et de Favière.

 

En route vers l'Ourcq ...

 

Le 2ème Bataillon du 167ème, passa au travers du 1er et du 3ème Bataillons et avança jusqu'à l'est de Villers-sur-Fère. Pendant la nuit il tint une ligne au travers du ruisseau de La Taverne au sud-est de Villers-sur-Fère.

 

Sortie Sud de Sergy

 

Le 1er Battaillon du 165ème, moins la Compagnie D, traversa la zone d'action du 167ème et atteignit l'Ourcq près de la ferme de Grande Maison. Sous la pression des tirs de mitrailleuses, le bataillon recula sur une ligne au voisinage du carrefour 700 mètres nord-ouest de la ferme de Favière.

 

5 - Les attaques de la 42ème D.I. U.S. pour franchir l'Ourcq

 

L'Ourcq, à Sergy n'est qu'un ruisseau

 

Le plan d'attaque prévu le 27 et les limites d'action de la 42ème D.I. U.S.. La relève de la 164ème D.I. par le 166ème R.I. et de la 52ème D.I. par la 83ème Brigade - extension de front et relève qui gêne la préparation de l'attaque.

 

Extrait du Journal de marche de la 42ème D.I. U.S.

 

27 juillet 1918 - Une attaque prévue devenue inutile par le retrait allemand.

 

Les tentatives du 27 Juillet furent infructueuses

 

Conformément aux ordres de la VIème Armée pour une attaque générale, le 1er Corps U.S. ordonna, à 1 heure 10 du matin, le 27 juillet, à la 42ème D.I. U.S., de mener une attaque à 21 heures 40 avec mission de traverser l'Ourcq et de prendre les hauteurs de la rive nord. Pour cette attaque les zones d'action furent redéfinis. Le 1er Corps U.S. s'étendit vers la gauche afin de remplacer la 164ème D.I. (française) sur le front du VIIème Corps. Les nouvelles limites de la zone d'action de la 42ème D.I. U.S. sont les suivantes :

 

Limite droite : Ferme de La Croix Rouge (inclue) - Fresnes (exclu) - Ferme de La Motte (exclue) - cote 212 (exclue) - cote 200 - Ferme de Camps (inclue).

 

Limite gauche : Villemoyenne - Ruisseau de la Sablonnière (exclu) - Seringes (exclu) - Lisière ouest de la forêt de Nesles.

 

La 42ème D.I. U.S. doit attaquer en deux colonnes à l'est et à l'ouest de la forêt de Fère et Château de la Forêt. La colonne de droite doit avancer en direction de la ferme de la Croix Blanche et Sergy, tandis que la colonne de gauche doit traverser et dépasser la 164ème D.I. (française) près de la ferme du Château de Préaux et progresser via La Folie et Villers-sur-Fère vers la ferme de Meurcy. La Cavalerie devait être positionnée, prête à exploiter toute rupture dans la ligne de défense au nord de l'Ourcq. Avant l'attaque l'Artillerie devait prévoir une préparation de 10 minutes et un barrage roulant pour couvrir l'avance. Il fut interdit aux troupes d'utiliser, dans l'obscurité de la nuit, d'autres armes que la baïonnette.

 

La cote 212 vue du sud de l'Ourcq

A 9 heure 30, la 42ème D.I. U.S. donna l'ordre de l'attaque dans la formation suivante :

83ème Brigade

166ème R.I., 165ème R.I.

150ème Bataillon de Mitrailleuses

67ème Brigade d'Artillerie

84ème Brigade

167ème R.I., 168ème R.I.

151ème Bataillon de Mitrailleuses

51ème Brigade d'Artillerie (de la 26ème D.I. U.S.)

En réserve, 149ème Bataillon de Mitrailleuses

 

A l'exception du 166ème R.I., tous les régiments d'attaque étaient déjà en ligne. Le 166ème devait entrer en ligne à l'heure H, en dépassant la 164ème Division (française) qui devait être relevée.

 

A 9 heures 40 la VIème Armée annonça que l'attaque devait être retardée parce que le 38ème et le 2ème Corps devaient ajuster leurs limites et n'avaient pas encore obtenues des lignes de départ adéquates.

 

Quand la retraite ennemie fut découverte, la 42ème D.I. U.S. ordonna que toutes les unités en ligne entament la poursuite. La poursuite commença au début de l'après-midi.

 

A l'extrême droite le 1er et 3ème Bataillons du 168ème, en ligne de droite à gauche, atteignirent l'Ourcq où ils furent accueillis par de puissants tirs d'artillerie et de mitrailleuses. Les deux bataillons reculèrent sur une ligne aux nord des fermes de La Cense et de Favière.

 

Le 2ème Bataillon du 167ème, passa au travers du 1er et du 3ème Bataillons et avança jusqu'à l'est de Villers-sur-Fère. Pendant la nuit il tint une ligne au travers du ruisseau de La Taverne au sud-est de Villers-sur-Fère.

Le 1er Battaillon du 165ème, moins la Compagnie D, traversa la zone d'action du 167ème et atteignit l'Ourcq près de la ferme de Grande Maison. Sous la pression des tirs de mitrailleuses, le bataillon recula sur une ligne au voisinage du carrefour 700 mètres nord-ouest de la ferme de Favière. Le 3ème Bataillon, plus la Compagnie D, occupa Villers-sur-Fère et envoya des patrouilles vers l'Ourcq. Le 2ème Bataillon s'avança vers Villers-sur-Fère, mais, plus tard, recula sur une ligne vers le Bois de Villemoyenne.

 

A 13 heures la 42ème D.I. U.S. annonça que l'attaque prévue pour la nuit du 27 au 28 juillet était différée. Au même moment, ordre fut donné à la 83ème Brigade de relever la 52ème D.I. (française), 7ème Corps comme prévu avec la 164ème D.I. (française).

 

La 164ème D.I. s'avança vers la cote 228 au nord de Beuvardes, avant que la retraite allemande fut découverte. Elle fut relevée, là, par le 1er Bataillon du 166ème, tard dans l'après-midi; les autres éléments de la 42ème D.I. U.S. prirent position devant ce bataillon. Ce dernier bivouaqua à la lisière nord-ouest de la Forêt de Fère. Les 2ème et 3ème Bataillons du 166ème furent désignés pour relever la 52ème D.I. et avancèrent dans la nuit du 27 au 28 afin d'effectuer la relève. Cependant, la 52ème D.I. avait avancé, en poursuite de l'ennemi, et la relève ne put être faite. Les deux bataillons bivouaquèrent dans la Forêt de Fère, en arrière du 1er.

 

A 15 heures, la VIème Armée annonça à ses troupes de se tenir prêtes pour exécuter la nuit l'attaque initialement prévue. La ligne à atteindre par le gros des troupes était, la colline 230 à 3 kilomètres à l'est de Sergy - Seringes - Fère-en-Tardenois. Plus tard dans la journée l'armée ordonna que l'attaque soit lancée à 23 heures. A 23 heures 45, la VIème Armée annonça que dans le cas où l'ennemi ne défendrait pas la rive nord de l'Ourcq, l'armée devrait continuer sa progression jusqu'à ce que les avant-gardes aient atteint la Vesle, 14 km au nord de l'Ourcq.

 

Conformément aux ordres de 15 heures de la VIème Armée, le 1er Corps U.S. ordonna à 22 heures 10 l'attaque de la 42ème D.I. U.S., à une heure qui sera précisée ultérieurement, avec l'objectif de traverser l'Ourcq et de s'établir sur les hauteurs, derrière.

 

Un bataillon du 167ème traversa l'Ourcq à l'Ouest de Sergy ...

 

28 juillet 1918

A minuit le 27 juillet, la 42ème D.I. U.S. a reçu l'ordre d'attaquer cette nuit. La 84ème Brigade signala qu'elle ne pouvait pas avancer sans support d'artillerie, mais voulait faire une tentative ainsi à 4 heures du matin. La 83ème Brigade donna l'ordre au 165ème R.I. d'attaquer à 3 heures 40 du matin et d'avancer jusqu'à la ligne Bois Brûlé - Seringes.

 

A 2 heures du matin, le 1er Corps ordonna que l'avance soit continuée jusqu'à la Vesle, conformément aux ordres de la VIème Armée, ordres données à 23 heures 45, le 27 juillet.

 

Les changements dans les zones d'action, demandés par la VIème Armée étaient exécutés à ce moment. A droite, le 38ème Corps, occupait une position vers Courmont, avec la 3ème et 28ème D.I. U.S. en ligne de la droite à la gauche. La 28ème D.I. U.S. venait de relever la 39ème D.I. (française) peu après minuit le 27 juillet. Au centre le front du 1er Corps U.S. était tenu par la 42ème D.I. U.S., comme nous l'avons vu. Sur la gauche, le 2ème Corps avec la 52ème D.I. (française) en cours de relève par la 62ème D.I. (française). Conséquence du raccourcissement du front, le 7ème Corps était retiré de la ligne de front.

 

Aucune des divisions ne menèrent les attaques de nuit prévues et les combats du 28 juillet ne furent pas coordonnés

 

Dans la zone d'action de la 42ème D.I. U.S., le 3ème Bataillon du 168ème R.I., sur la droite attaqua à 4 heures 50 du matin, força le passage de l'Ourcq et atteignit la crête de la cote 212. Là, une ligne d'avant-poste fut établie avec des flancs exposés. Le restant du bataillon s'abrita sur la route encaissée au pied de la colline Sergy (aujourd'hui un chemin non entretenu). Le 1er Bataillon avança à 8 heures afin de protéger le flanc droit du 3ème Bataillon. Il traversa l'Ourcq et prit position le long de la route, peu sûre à l'est du Moulin de Caranda, dans la zone d'action de la 28ème D.I. U.S.. Le 2ème Bataillon du 168ème, suivi le 1er au travers de l'Ourcq dans la matinée et prit position sur les pentes sud-ouest de la cote 212 afin de protéger le flanc gauche du 3ème Bataillon. Le front du 168ème R.I. était face au nord et à l'est.

 

Le 2ème Bataillon du 167ème R.I., descendit le ruisseau de la Taverne à 9 heures du matin, força le passage de l'Ourcq et établit une ligne le long de la route encaissée au nord-ouest de Sergy (aujourd'hui un chemin non entretenu) avec des avants postes vers le nord. Le 1er Bataillon du 167ème R.I. s'avança en support du 2ème, envoya la Compagnie C sur la ligne front pour tenir le contact avec le 165ème sur la gauche. A 17 heures les Compagnies K et M du 166ème R.I. furent rattachées au 167ème et s'avancèrent depuis la Forêt de Fère afin de combler le vide au sud et à l'ouest de Sergy entre les 167ème et 168ème R.I.. Des patrouilles des Compagnies K et M du 166ème et E du 168ème R.I. pénétrèrent dans Sergy. Le village était solidement tenu par les Allemands qui continuèrent à l'occuper toute la journée.

 

L'attaque de la 83ème Brigade commença à 3heures 45 du matin dans la formation suivante :

 

165ème R.I.

2ème Bataillon

1er Bataillon du 166ème R.I.

3ème Bataillon

1er Bataillon

166ème R.I. moins le 1er Bataillon

Le 3ème Bataillon du 165ème R.I. suivi de près par le 1er, avança depuis Villers-sur-Fère, traversa l'Ourcq et atteignit les pentes à l'est de la ferme de Meurcy. Les tirs d'enfilade des mitrailleuses obligèrent le 3ème Bataillon à reculer sur la position du 1er à 11 heures. Pour ce dernier il fut également impossible de tenir la pente et il recula vers la route Sergy-Fère-en-Tardenois (aujourd'hui un chemin).

 

Le 2ème Bataillon du 165ème R.I. partit de l'ouest de Villers-sur-Fère, traversa l'Ourcq et atteignit la colline à l'est de La Fontaine sous Pierre. Vers midi, le bataillon recula le long de la route Sergy-Fère-en-Tardenois (aujourd'hui un chemin), au nord du Moulin vert.

 

Le 1er Bataillon du 166ème R.I., en support sur la gauche, passa à la gauche du 2ème Bataillon du 165ème, vers 10 heures 30, traversa l'Ourcq et atteignit La Fontaine sous Pierre. A 11heures ils furent aussi rejetés sur de la route Sergy-Fère-en-Tardenois (aujourd'hui un chemin).

 

Sur la droite de la 42ème D.I. U.S., il n'y avait pas de liaison avec la 28ème D.I. U.S. qui avait traverser l'Ourcq dans la journée. Sur la gauche, le 1er Bataillon du 166ème était au contact avec les Français de la 62ème D.I., à l'est de Fère-en-Tardenois.

 

A 11 heures 30, la 42ème D.I. U.S. ordonna une consolidation de la ligne générale village de Seringes et village de Nesles, en envoyant des patrouilles de reconnaissance. En même temps, les préparations étaient faites pour renouveler le mouvement en avant, à l'aube du 29 juillet. La progression devait se faire en quatre colonnes de régiment, chaque régiment en colonne de bataillons.

 

Nous suivons, le chemin inverse, suivi par la 42e D.I. U.S., le 27 Juillet 1918

 

La VIème Armée donna ses ordres à 19 heures, suivis par ceux du 1er Corps U.S. à 22 heures 55, ils étaient basés sur la conviction que l'ennemie céderait si il était mis sous pression et prévoyaient une reprise de l'attaque à 3 heures 40 du matin le 29 juillet. La cavalerie et l'avant-garde d'infanterie devaient atteindre la ligne Mont Saint Martin - Mont Notre Dame, 12 kilomètres au nord de l'Ourcq, tandis que la masse principale des troupes devait atteindre la ligne, Chéry Chartreuve - Bruys.

 

Le 1er et 3ème Bataillons du 47ème R.I., les Compagnies B et D du 11ème Bataillon de Mitrailleuses, tous de la 4ème D.I. U.S., furent rattachés à la 42éme D.I. U.S..

 

L'ennemi occupait les hauteurs nord de l'Ourcq comme une position en tête de pont, qui devait être tenue jusqu'à la nuit du 1er au 2 août afin de permettre l'évacuation du matériel et la préparation de la position sur la rive nord de la Vesle.La 42ème D.I. U.S. retarda l'heure de l'attaque à 8 heures du matin le 29 juillet.

 

6 - L'approche par le sud-ouest de la 42ème D.I. U.S. - La cote 180 à l'ouest de Seringe.

La 42ème D.I. U.S. débarqua dans la région de Beuvardes

 

D'où vient la 42ème D.I. U.S. et son approche après la relève, le 26, de la 26ème D.I. U.S. (qui laisse sont artillerie).

 

Présentation générale de la 42ème Division US - "Division Arc-en-ciel"

 

La 42ème Division, qui a déjà combattu dans la région de la butte de Souain, depuis le 4 Juillet, dans la IVème Armée française (Général Gouraud) et en particulier, lors de l'offensive allemande du 15 Juillet, est retirée le 17 Juillet de la IVème Armée pour venir en renfort dans la VIème Armée (Général Degoutte). Elle prend la relève de la 26ème D.I.U.S. sur la ligne Ferme de la Croix Rouge, à 2 Km à l'Est de Beuvardes et Le Four à Verre à 1 km au Nord-Est de Beuvardes, le 26 Juillet. Son axe de marche est au Nord, vers Villers-sur-Fère, qu'elle capture le 27 Juillet.

 

Extrait du Journal de marche de la 42ème D.I. U.S.

 

"26 juillet 1918

Après la relève de la 26ème Division U.S., le 168ème R.I. découvrit que son front n'était pas entièrement couvert. Dans la matinée du 26 juillet le 2ème Bataillon fut placé en ligne, sur le front, à gauche du 1er, dans la Forêt de Fère, à l'ouest de la Ferme de la Croix Rouge.

 

L'ordre fut donné, par la 84ème Brigade, à 15 heures 40, aux 167ème et 168ème R.I., d'attaquer à 16 heures 50 en conjonction avec la 39ème D.I. (française). Le premier objectif était la Ferme de la Croix Rouge et l'objectif final les lisières nord et est du Bois de la Ventelette.

 

L'attaque fut conduite par le 2ème Bataillon du 168ème, sur la droite, et le 1er et 3ème Bataillons du 167ème R.I., sur la gauche. Les bâtiments de la ferme furent pris et la ligne établie, pour la nuit, le long de la route au sud-est de la ferme, de la ferme à la lisière à l'est du Bois de Beuvardes. La 39ème D.I. (française) avança sa gauche au contact de la 42ème.

 

Le 165ème R.I. avança depuis les environs d'Epieds pendant le jour, et après minuit, le 26 juillet, releva la 167ème D.I. (française), plaçant le 1er Bataillon sur la ligne de front le long du ruisseau de Beuvardes. La nouvelle limite gauche de la division était une ligne, Beuvardes (inclus) - lisière nord de la Forêt de Fère, 1500 mètres nord de la cote 206. La 164ème D.I. (française) du VIIème Corps était la limite gauche de la nouvelle zone de combat.

 

Pendant la nuit du 26 au 27 juillet l'ennemi opposé à la VIème Armée retraita sur la rive nord de l'Ourcq, laissant quelques nids de mitrailleuses pour retarder la progression.

 

Cheminement à l'abri des observatoires au Nord de l'Ourcq

 

Que se passe-t-il à gauche de la 42ème D.I.U.S. ? La 62ème D.I. reprend Fère-en-Tardenois

 

"Le 29 juillet à 5 h 15 après une courte préparation d'artillerie, l'attaque est reprise. Le 338e s'empare de l'îlot dans la partie N.-O. de Fére-en-Tardenois qui était encore occupé par l'ennemi et garnit les lisières nord et nord-ouest dont il entreprend le nettoyage.

 

A 10 h. 30, nouvelle préparation d'artillerie pour aider la progression de l'infanterie qui est arrêtée par de violents feux de mitrailleuses venant de la ferme Cayenne et des crêtes boisées au nord et au nord-est.

 

En effet le 338e a repris à 9 h. 30 son mouvement en avant avec à droite le bataillon Seurin qui continue sa progression sur la côte 184 et à sa gauche le bataillon Lapenne qui a dépassé le bataillon Piet-Lestrade mis en réserve.

 

Mais l'attaque de la côte 184 est des plus pénibles. Ce mamelon est complètement dénudé. Quand les unités arrivent à la crête, elles sont prises sous de violents tirs de barrage et des feux croisés de mitrailleuses et clouées au sol.

 

Pour me rendre compte de visu de la situation, je vais vers 13 heures au P. C. du colonel Blavier dans le talus de la route de la ferme Combernon et j'y passe la journée, sous un violent marmitage. De là j'assiste aux attaques du bataillon Seurin sur la Côte 184. Nous voyons admirablement les échelons s'avancer en ordre parfait à contre-pente et gagner la crête, puis là disparaître à nos yeux. Presque instantanément les tirs de barrage allemands se déclenchent, fusants et percutants, et tout disparaît dans un nuage de fumée et de poussière. Des fluctuations se produisent et l'on voit des isolés revenir se plaquer au sol en arrière de la crête, sur la contre-pente. .............................

 

On s'approche du secteur du 165ème R.I. U.S.

 

Le 30 juillet à 3 heures du matin je quitte sans regret Villeneuve-sur-Fère où je suis d'ailleurs resté le moins possible, passant la majeure partie du temps à mon P. C. de combat près du 338e. ........

 

Nous longeons d'abord les berges boisées de l'Ourcq que nous traversons sur une passerelle de fortune établie par le Génie, puis nous passons près du Moulin sans nom. Enfin, profitant du brouillard, nous gravissons la pente ouest de Fère-en-Tardenois sans être vus du bois Ovale, où on se bat et dont nous ne sommes guère éloignés que de 400 à 500 mètres. Nous pénétrons dans Fère-en-Tardenois par la lisière ouest à hauteur du cimetière et de l'église pour gagner la maison qui va devenir notre P.C. près du carrefour central.

 

Mon nouveau P. C. à Fère-en-Tardenois fonctionne à partir de 4 h. 15, communications téléphoniques établies. Je suis fortement en avant du P. C:. du colonel du 279e et à hauteur des P. C. des commandants de compagnie. Cette fois j'ai planté mon fanion peut-être un peu trop en avant; mais j'espère que l'ennemi va reculer et c'est afin que tout le monde s'y emploie que je me suis porté aussi en avant. De plus j'espère éviter ainsi les déplacements trop fréquents de P. C. toujours préjudiciables à l'exercice du commandement.

 

Le·31 juillet au petit jour nous sommes toujours dans notre cave, mais l'incendie continuant à se propager, je décide de changer de P.C., notre situation n'étant plus tenable. ..

 

Toute la journée, violent bombardement autour du P.C.. L'ennemi bat systématiquement la vallée de l'Ourcq et les points de passage avec de l'ypérite. Aussi nous passons une bonne partie de la journée avec nos masques

 

Le 1er Août, vers 2 heures du matin, les Allemands exécutent un violent bombardement sur nous; puis vers 4 heures nous entendons un roulement continu, c'est la canonnade de l'Armée Mangin qui attaque à notre gauche. J'apprends que la compagnie du Génie Cosson a terminé à 2h 30 son pont sur l'Ourcq, ainsi que deux nouvelles passerelles.

 

Villers-sur-Fère est orienté Nord-Sud


SUITE DE LA MARCHE DU 19/5/2001


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