Dragon

 

Les combats pour franchir l'Ourcq à l'est de Fère-en-Tardenois

 


 

7 - Villers-sur-Fère, un cheminement pour s'approcher de l'Ourcq - Colonel Mac-Arthur

 Villers domine la rive sud de l'Ourcq, d'où partent, le 28, les assauts des bataillons des165ème et 166ème R.I. Le Colonel Mac-Arthur témoin (l'attaque à la baïonnette avec interdiction de tirer et sans préparation d'artillerie lui a été imposée, par le 1er C.A. U.S.).et acteur (impuissant ?).

 

Extrait du Journal de marche de la 42ème D.I. U.S.

"27 juillet 1918 ..... . La poursuite commença au début de l'après-midi.

 

Le 2ème Bataillon du 167ème, passa au travers du 1er et du 3ème Bataillons et avança jusqu'à l'est de Villers-sur-Fère. Pendant la nuit il tint une ligne au travers du ruisseau de La Taverne au sud-est de Villers-sur-Fère.

 

Le 1er Battaillon du 165ème, moins la Compagnie D, traversa la zone d'action du 167ème et atteignit l'Ourcq près de la ferme de Grande Maison. Sous la pression des tirs de mitrailleuses, le bataillon recula sur une ligne au voisinage du carrefour 700 mètres nord-ouest de la ferme de Favière. Le 3ème Bataillon, plus la Compagnie D, occupa Villers-sur-Fère et envoya des patrouilles vers l'Ourcq. Le 2ème Bataillon s'avança vers Villers-sur-Fère, mais, plus tard, recula sur une ligne vers le Bois de Villemoyenne."

 

"Nettoyage de Villers-sur-Fère, le 27 juillet 1918, par la 42ème D.I.

 

Extrait des Souvenirs de MacArthur (Probables erreurs dans les dates pour Meurcy)

Pas à pas nous avancions en combattant : La ferme de la Croix Rouge, Beuvardes, la Forêt de Fère, Villers-sur-Fère. Kilomètres après kilomètres, nous versions notre sang, un millier d'hommes par jour, jusqu'à ce que nous atteignions la rive sud de l'Ourcq. Derrière la rivière, sur la rive nord, l'ennemi avait établi sa ligne de résistance principale. Nous forçâmes le passage juste avant l'aube, le 28 juillet (1918) et prîmes la Ferme de Meurcy dans un combat au corps à corps. Nous prîmes le village de Sergy, à l'autre bout de la ligne de front (de la division), à la pointe de la baïonnette mais nous fûmes rejetés presque immédiatement. Onze fois cette position changea de mains avant que, finalement, nous tînmes ces ruines fumantes.

 

Mais le centre du village de Seringes-et-Nesles tenait encore. Je déployais notre infanterie sur la rive sud du ruisseau d'où elle se rua. Leur artillerie était concentrée; leur mitrailleuses à l'est et à l'ouest du village balayaient le terrain; mais rien ne pouvait arrêter l'impétuosité de cette charge folle. Nous traversâmes à gué la rivière; nous grimpâmes les pentes de la colline et nous tuâmes la garnison du village jusqu'au dernier homme. A la tombée du jour du 29 Juillet nous en étions les seules maîtres. Le commandant de la division cita plusieurs hommes ce jour là et je fus parmi eux - ma troisième Silver Star.

 

Peu après minuit, pendant une reconnaissance devant nos avant-postes, j'eus le sentiment d'entendre des bruits inhabituels dans les lignes allemandes - explosions, grondements sourds de nombreux véhicules sur le départ. J'eu la certitude que l'ennemi retraitait. Je pris la décision d'avancer vers lui immédiatement. Je n'avais pas le temps de consulter le Quartier Général. Ma décision reposait sur ma seule appréciation et je devais en assumer toutes les conséquences.

 

Il était 3 heures 30 du matin quand je partis de notre droite, à Sergy, me déplaçant, avec des agents de liaison, de chaque avant-poste vers le prochain, au travers de l'ancien no man's land.

 

Jamais je n'oublierai cette marche. Les morts étaient si nombreux par endroit que l'on trébuchait sur eux. Il y avait au moins 2.000 de ces corps étendus. J'identifiai les insignes de six divisions allemandes dont quelques unes parmi les meilleures. L'épouvantable puanteur était suffocante. Les râles et les cris des blessés s'entendaient partout. Je pensais à quel point j'avais eu tort, un beau jour, à l'académie militaire de West Texas, quand j'avais crânement critiqué, comme trop excessive, la description de l'enfer de Dante.

 

Une lueur éclaira la scène ,soudainement, pendant une fraction de seconde, et nous heurtâmes l'horreur. Là, devant nous, se tenaient trois Allemands - un lieutenant pointant avec des bras étendus, un sergent accroupi sur une mitrailleuse, un caporal approvisionnant l'arme avec une bande de cartouches. Je retins mon souffle attendant la détonation. Mais il n'y eut rien. Mon guide passa sa grenade dans l'autre main et saisit sa lampe électrique.

 

Les Allemands n'avaient pas bougé. Ils ne bougeront d'ailleurs jamais plus. Ils étaient morts, tous morts - le lieutenant avec un shrapnel au travers de la gorge, le sergent avec le ventre soufflé dans le dos, le caporal avec la colonne vertébrale à la place de sa tête. Nous les laissâmes là, comme ils étaient, courageux hommes morts au service de leur pays.

 

Villers offrait un abri précaire au Q.G. de la 42ème D.I. U.S.

 

Je terminais ma reconnaissance et atteins le régiment de flanc, juste avant l'aurore. Là, je trouvai son remarquable colonel, Franck McCoy, et son brave aumônier, le Père Duffy, qui revenaient après avoir enterré le poète Sergent Joyce Kilmer à côté d'une souche d'un de ces arbres qu'il avait immortalisés (dans le poème : Trees).

 

Je revins immédiatement à l'état-major de la division. J'étais tellement fatigué que je me suis assis sur un tabouret. Le commandant du corps, cet excellent militaire, le Major Général Hunter Ligget, était là avec le Général Menoher. J'expliquai ce que j'avais fait.

 

Je n'avais pas dormi depuis quatre jours et j'étais tellement somnolent que tout commençait à s'estomper. J'entendis le Général Liggett dire quelque chose à propos de l'artillerie qui ne devait pas traverser l'Ourcq tant que l'infanterie n'aurait pas suffisamment avancé. Je tombai dans un profond sommeil. Ils me dirent, plus tard, que le Général Liggett me regarda et dit : "Ca alors ! Menoher vous devriez le citer." Ainsi, j'eus ma quatrième Silver Star.

 

A cette époque je reçus le commandement de la 84ème Brigade de la 42ème Division (Rainbow Division). Je quittai l'état-major de la division avec un profond sentiment d'admiration et d'affection. L'équipe, me bouleversa , quand ils me présentèrent un étui à cigarettes en or avec l'inscription : "Au brave des braves".

 

Dans la bataille sanglante de l'Ourcq, la division a perdu presque la moitié des effectifs de ses personnels combattants. Quand nous sommes arrivés à la zone de repos, nous avons reçu des milliers de jeunes recrues. Pendant tout le mois d'août nous avons recomplété les équipements et nous nous sommes refaits physiquement et moralement ainsi nous étions dans une forme satisfaisante quand nous reçûmes les ordres de mise en route vers le front de la poche de Saint-Mihiel, au sud-est de Verdun.

 

L'ancienne route entre Fère et Sergy, au nord de l'Ourcq

 

8 - La traversée de l'Ourcq et la prise de Seringes

 

Le 28, 3 h 45, depuis Villers, début attaque du 3/165 en direction de l'est de Meurcy et du 2/165 en direction de la Fontaine-sous-Pierre. Echec, rejet sur le chemin (route). 10 h, tentative du 1/166 vers la Fontaine-sous-Pierre, même résultat (au contact avec la 62ème D.I.). Le 28 juillet, le sergent Frank Gardella abat à la mitrailleuse deux avions ennemis, sur la rive nord de l'Ourcq.

 

La 42ème U.S.D.I. en position près de Seringes, le 29 juillet 1918

 

Extrait du Journal de marche de la 42ème D.I. U.S.

 

"L'attaque de la 83ème Brigade commença, le 28 juillet, à 3heures 45 du matin dans la formation suivante

 

165ème R.I.

2ème Bataillon

1er Bataillon du 166ème R.I.

3ème Bataillon

1er Bataillon

166ème R.I. moins le 1er Bataillon

 

Le 3ème Bataillon du 165ème R.I. suivi de près par le 1er, avança depuis Villers-sur-Fère, traversa l'Ourcq et atteignit les pentes à l'est de la ferme de Meurcy. Les tirs d'enfilade des mitrailleuses obligèrent le 3ème Bataillon à reculer sur la position du 1er à 11 heures. Pour ce dernier il fut également impossible de tenir la pente et il recula vers la route Sergy-Fère-en-Tardenois (aujourd'hui un chemin).

 

Le 2ème Bataillon du 165ème R.I. partit de l'ouest de Villers-sur-Fère, traversa l'Ourcq et atteignit la colline à l'est de La Fontaine sous Pierre. Vers midi, le bataillon recula le long de la route Sergy-Fère-en-Tardenois (aujourd'hui un chemin), au nord du Moulin vert.

 

Le 1er Bataillon du 166ème R.I., en support sur la gauche, passa à la gauche du 2ème Bataillon du 165ème, vers 10 heures 30, traversa l'Ourcq et atteignit La Fontaine sous Pierre. A 11heures ils furent aussi rejetés sur de la route Sergy-Fère-en-Tardenois (aujourd'hui un chemin).

 

Sur la gauche, le 1er Bataillon du 166ème était au contact avec les Français de la 62ème D.I., à l'est de Fère-en-Tardenois."

 

Au sud de la ferme de Meurcy

 

L'histoire non révélée de D. MacArthur par Frazier Hunt

 

Il était temps pour le Généralissime Foch de frapper à revers. La cinquième et dernière grande attaque allemande du printemps et de l'été de 1918 avait échouée, et l'initiative était, maintenant, en presque quatre ans, pour la première fois, dans les mains des Alliés.

 

Sur la face ouest du saillant de la Marne, près de l'importante voie ferrée de Soissons, les 1ère et 2ème Divisions Américaines furent insérées rapidement entre les unités françaises, et le 18 juillet une offensive décisive était lancée. Elle ne devait plus s'arrêter jusqu'à la signature de l'armistice du 11 novembre.

 

Deux jours après le début de l'offensive, la 42ème Division Américaine était retirée du front défensif de Champagne et reçut l'ordre de combattre dans la 6ème Armée (Française) du général Degoutte. Dans la nuit sombre du 25 au 26 juillet (1918), les régiments d'infanterie des deux brigades reçurent l'ordre de débarquer des autobus et des camions avec l'ordre de relever les unités épuisées de la 26éme Division Américaine, New Englanders. Depuis presque une semaine les hommes de la 26ème et 3ème Divisions Américaines, ainsi qu'une brigade de la 28ème avaient repoussé un ennemi déterminé de la rive nord de la Marne jusqu'aux hauteurs qui dominent la petite rivière qu'est l'Ourcq.

 

Pour accroître, encore, à la confusion générale et aux incertitudes, le Général Menoher commandant la 42ème, division de MacArthur, reçut, maintenant, l'ordre de poursuivre les Allemands qui décrochaient et de les empêcher, à tout prix, de se rétablir. C'était un front effrayant et déroutant, une part des combats de cette première matinée furent des combats à la baïonnette avec interdiction de tirer. Mais la réelle surprise était ailleurs, les hommes de la 42ème Division (Rainbow) avançant dans la brume, entendirent brusquement le chant mortel des mitrailleuses allemandes qui tiraient de devant mais également des deux flancs.

 

MacArthur traversa le bois mortel et observa les champs du massacre. Il comprit la terrible erreur : les Allemands ne retraitaient plus rapidement avec seulement une légère arrière-garde pour couvrir leur retraite. Au contraire, d'importantes forces allemandes s'étaient établies sur ces pentes, ces petits bois protecteurs et derrière les solides murs des bâtiments des fermes où ils avaient installé leur mitrailleuses lourdes et leurs mortiers pour une défense déterminée. Aucune avance américaine n'était possible sans avoir le contrôle du terrain battu par le feu ennemi. Pourtant, il y eut des ordres du haut commandement de traverser la rivière et de prendre les pentes derrière, sans se préoccuper de l'absence complète de préparation d'artillerie pour faire taire les positions allemandes.

 

Aucun mot ne peut décrire l'horreur et la mort qui étaient tapies sur les pentes couvertes de coquelicots, dans les bois et derrière les enclos des fermes de ce paysage verdoyant. Les hommes de New York et d'Ohio, de l'Iowa et de l'Alabama et les détachements de presque douze autres états s'avancèrent vers les nids de mitrailleuses et furent déchiquetés par des tirs mortels qui les frappaient sans qu'ils sachent d'où ils venaient.

 

A la fin ils apprirent comment ramper par groupe de deux ou trois, comme les Indiens, et quand un petit groupe déterminé atteignait un nid de mitrailleuses opiniâtre, ils lançaient leurs grenades à main et sautaient sur l'ennemi. Il n'est pas surprenant qu'il n'y eut que peu de prisonniers.

 

Les cinq jours et nuits qui suivirent furent pleine d'angoisse pour MacArthur. Il n'avait rien d'autre à faire qu'à obéir aux ordres donnés par le Corps d'Armée. Sergy, la ferme de Meurcy, Nesles, la Forêt de Fère, la cote 212 - sont des noms et des souvenirs qui resteraient pour toujours vivants dans sa mémoire. Il aurait voulu n'être jamais coupable d'avoir ordonné une attaque frontale brutale, sans reconnaissance complète, avec des informations vérifiées et une préparation d'artillerie adéquate.

Cela ne semblait jamais devoir se terminer. Les points d'appuis tenus avec détermination devaient être pris, alors arrivait le feu mortel de l'ennemi et les contre-attaques. La même pierre de ferme ou la parcelle de bois changeaient de main une demi-douzaine de fois. Ils n'y avait ni repos ni espoir.

 

Peu après minuit le 1 août, le capitaine Wolf, inspectant les P.C. des bataillons et des compagnies, remarqua une activité inhabituelle de l'autre coté, dans les lignes allemandes. Il en rendit compte au P.C. de MacArthur. Les éclaireurs que Wolf avait envoyé derrière revinrent avec l'information que les Allemands avaient soudainement arrêté toute activité.

 

MacArthur n'avait pas besoin de plus de preuve. Il était certain, maintenant, que les Allemands retraitaient. A 3 heures 30 du matin, il parcourut toute la ligne de front de la division, contactant chaque P.C. de bataillon. Il donna l'ordre au différentes unités d'avancer immédiatement. Ils devaient harceler les Allemands en retraite.

 

Il n'avait pas le temps de solliciter l'accord de son commandant de division ni du Q.G. du Corps d'Armée. MacArthur devait assumer seule la grave responsabilité de l'ordre de progression donné à l'aube. S'il avait tort, il pourrait avoir à payer son impétueux acte de courage par sa carrière militaire. Mais il était convaincu qu'il ne se trompait pas.

 

Ce même jour, la 4ème Division Régulière dépassait la 42ème, qui était épuisée, pour harceler l'ennemi en retraite vers les collines au sud de la Vesle. La division "Arc-en-ciel" (Rainbow)fut privée du privilège de la poursuite, mais MacArthur, qui avait toujours insisté pour que les sapeurs du Génie puissent servir comme fantassin, vit que les sapeurs du 117ème Génie de la 42ème Division avaient participé, au moins, à la première moitié de la poursuite.

 

La 42ème Division, très fatiguée, maintenant enterrait ses morts et évacuait ses blessés. Doucement elle se retira vers la chaude et ensoleillée vallée de la Marne.

Là, les hommes se baignaient dans le courant agréable, ils se rhabillaient, se rééquipaient et reçurent des renforts pour recompléter les effectifs. La Division "Arc-en-ciel" avait payé un prix exorbitant pour quelques kilomètres gagnés sur l'Ourcq et pour la gloire qu'elle en retirait. En cinq jours, elle avait perdu, en tués et blessés, 5529 hommes principalement dans ses quatre régiments d'infanterie.

 

MacArthur, solitaire dans sa peine et malheureux de l'erreur commise par le haut commandement, portait, pour l'instant, une unique étoile sur les épaules (Colonel). Juste après que la division eut quitté le front de Lorraine, l'instruction arriva qu'il était nommé général de brigade. Ensuite arriva la désagréable nouvelle qu'il était renvoyé aux U.S.A. pour prendre le commandement et entraîner une brigade de la 11ème Division Régulière, prochainement créée à Camp Meade dans le Maryland.

Le Major Général Menoher, commandant la 42ème Division enregistra sa protestation véhémente. Le Capitaine Wolf fut envoyé rapidement à Chaumont pour plaider la nécessité de retenir MacArthur au moment précis où la division allait être engagée dans la prochaine offensive de Champagne. Néanmoins, l'ordre lui fut réitéré de quitter l'unité qu'il aimait. Finalement, cependant, il lui fut permis d'y rester.

 

Les tueries et les durs combats sans sommeil de la bataille de l'Ourcq avait dépassé le seuil supportable pour le paternel Général de Brigade Brown de la 84ème Brigade d'Infanterie. Il fallait un homme plus jeune, vigoureux et endurant. MacArthur, prit le commandement des deux régiments de la 84ème Brigade d'Infanterie, solides hommes de l'Alabama et de l'Iowa. "Rebelle" et "Yankee", se chamaillant joyeusement entre eux, mais quand ils affrontaient l'ennemi, ils combattaient côte à côte, unis.

MacArthur n'avait plus, maintenant, à se préoccuper des détails innombrables d'approvisionnement, d'équipement, de transport, d'entraînement et de plans de bataille pour la division. Il commandait, maintenant, deux magnifiques régiments, avec leurs troupes de soutien, leurs bataillons de mitrailleuses - et il insistera toujours sur une brigade complète d'artillerie pour soutenir ses attaques.

 

Il pouvait maintenant rompre avec son téléphone et le Q.G. de la division. Il pouvait commander sa brigade à sa manière, appliquer ses propres théories de commandement. Il avait 38 ans et prêt pour l'expérience.

 

Plaque commémorative des combats de Meurcy

 

"American armies and battlefields in Europe", Center of Military History United

States Army. 1938. Page 73

 

LA 42EME DIVISION AU SUD DE LA FERME DE MEURCY

Fonçant avec acharnement vers le nord malgré une très forte résistance, quelques lignes changeant de camp, jusqu'à quatre fois de suite, la 42ème Division traversa victorieusement la rivière de l'Ourcq le 28 juillet 1918 et, le lendemain, captura Sergy ainsi que Seringes-et-Nesles ou se trouve actuellement le cimetière d'Oise-Aisne.

 

Sur la rive nord de l'Ourcq, le 28 juillet, un exploit exceptionnel fut réalisé par le sergent Frank Gardella de la 42ème D.I.U.S.. Deux avions ennemis volaient parallèlement à la ligne de front américaine et l'arrosaient de balles de mitrailleuses, précipitant tout le monde à couvert. Le sergent Gardella constatant cette situation bondit sur sa mitrailleuse et visa posément l'avion le plus haut. Bien qu'il était l'objet des tirs des avions et de ceux des tireurs ennemis au sol il ajusta tranquillement et cribla de balles l'avion le plus haut, qui s'abattit en flammes. Dans sa chute il heurta l'avion du dessous et le fit tomber au sol. Pour son sang froid et son courage il reçut la"Distinguished Service Cross".

 

Le 4août, le front recule, l'artillerie de la 4ème D.I.U.S. avance dans Seringes

 

9 - La ferme fortifiée de Meurcy - La visite du cimetière américain

 

L'heure du casse-croûte ...

 

Prise de Seringes et de la cote 184, le 29, vers 16 heures par le 2/166

 

Les problèmes de dates avec la prise de Meurcy ?

 

28, Mac-Arthur ?? 29, 21 h 30, le 1/165, à l'ouest du ru du Bois Brûlé, soutien du 2/165 en contact au Moulin Vert avec le 167ème; prise de Meurcy et du Bois Colas, les bâtiments de la ferme ne sont pas occupés par les Américains.

 

Extrait du Journal de marche de la 42ème D.I. U.S.

 

"A 11 heures 30, la 42ème D.I. U.S. ordonna une consolidation de la ligne générale village de Seringes et village de Nesles, en envoyant des patrouilles de reconnaissance. En même temps, les préparations étaient faites pour renouveler le mouvement en avant, à l'aube du 29 juillet. La progression devait se faire en quatre colonnes de régiment, chaque régiment en colonne de bataillons.

 

L'ennemi occupait les hauteurs nord de l'Ourcq comme une position en tête de pont, qui devait être tenue jusqu'à la nuit du 1er au 2 août afin de permettre l'évacuation du matériel et la préparation de la position sur la rive nord de la Vesle.

 

La 42ème D.I. U.S. retarda l'heure de l'attaque à 8 heures du matin le 29 juillet.

 

29 juillet 1918

Dans la zone d'action du 165ème R.I. , le 1er Bataillon se déplaça à l'ouest, vers 21 heures 30 afin de couvrir le ravin de la Ferme de Meurcy (ru du Pont Brûlé) et mena l'attaque avec le soutien du 2ème Bataillon. La ferme Meurcy et le Bois Colas furent pris mais les bâtiments de la ferme furent laissés inoccupés. Le 2ème Bataillon fut échelonné sur l'arrière droit afin d'établir le contact avec le 167ème R.I. au Moulin Vert.

A l'extrême gauche, le 1er Bataillon du 166ème R.I., avança vers 8 heures du matin et atteignit la route au nord de La Fontaine sous Pierre (aujourd'hui un chemin). Arrêté par l'artillerie et le feu des mitrailleuses, le bataillon recula jusqu'à La Fontaine sous Pierre. Vers 16 heures, le 2ème Bataillon passa au travers du 1er et captura Seringes et la position à l'est de la cote 184. La gauche du 165ème s'adapta à cette avance, la Compagnie C prit position sur la pente entre Seringes et le Bois Colas."

 

A gauche la Ferme de Meury, à droite le Bois Colas

 

MacArthur

Derrière la rivière, sur la rive nord, l'ennemi avait établi sa ligne de résistance principale. Nous forçâmes le passage juste avant l'aube, le 28 juillet (1918) et prîmes la Ferme de Meurcy dans un combat au corps à corps. (MacArthur) date du 28 ????????

 

"American armies and battlefields in Europe", Center of Military History United

States Army. 1938. Page 73

 

A Meurcy, le 30 juillet 1918, le Sergent Richard W. O'Neill, est sept fois blessé et le Sergent Joyce Kilmer, auteur du poème "Trees" est tué.

 

Pendant les combats acharnés près la ferme Meurcy, le 30 juillet 1918, ferme que l'on peut voir sur la colline d'en face, à environ 100 mètres derrière les bâtiments de service du cimetière, le Sergent Richard W. O'Neill, la 42ème Division, se lança devant la ligne du front pour attaquer un groupe ennemi de 25 hommes. Dans le corps à corps qui s'ensuivit, il fut blessé par balles mais continua héroïquement le combat au cours duquel il reçut d'autres blessures. Au prix d'énormes efforts physiques il resta au commandement de son détachement jusqu'à ce qu'il fut blessé à nouveau et contraint à être évacué par suite de son affaiblissement et des pertes de sang occasionnées par les sept blessures qu'il avait reçues. Il exigea d'être emmené, auparavant, près du Commandant de son Régiment afin de lui transmettre des renseignements importants sur les positions de l'ennemi, ainsi que sur celles de ses hommes. Pour sa bravoure exceptionnelle allant bien au-delà du simple devoir, le Sergent O'Neill a été décoré de la Médaille d'Honneur.

Le même jour, à quelques centaines de mètres à l'Ouest de la ferme Meurcy, le Sergent Joyce Kilmer, soldat poète, auteur du poème "Les Arbres" se porta volontaire, avec un groupe d'hommes, en mission de reconnaissance pour repérer les positions ennemies au nord du Bois Colas et fut tué par un tireur isolé. Il repose désormais dans ce cimetière parmi ses camarades.

 

Le 31 juillet 1918, après un très violent bombardement au cours duquel furent utilisées bombes fumigènes et incendiaires pour protéger son avance contre les nids de mitrailleuses situés dans le petit Bois Brûlé qui se trouvait a l'extrémité du cimetière actuel, la 42ème Division s'empara de cet emplacement et le 1er août, de la ferme Meurcy.

Le lendemain, la division s'avança sur le terrain ou se trouve actuellement le cimetière et à travers la forêt de Nesles, grande région boisée que l'on voit au-delà du cimetière, et poursuivit l'ennemi vers la Vesle jusqu'à sa relève le 3 août 1918.

 

Durant cette semaine sanglante, la Division Rainbow (Arc en Ciel) avait combattu la 4ème Division de la Garde Prussienne, commandée par le Fils du Kaiser, le Prince Eitel Friedrich, la 201ème, et la 10ème divisions de l'armée de terre ainsi que la 6ème Division Bavaroise, et les avait repoussées 16 km en arrière, jusqu'à la dernière crête sud de la Vesle au prix de 6.541 tués et blessés. Au cours des durs combats qui eurent lieu dans cette région, environ 310.000 Américains servirent au côte des Alliés et subirent des pertes s'élevant à plus de 67.000 hommes.

 

CIMETIERE AMERICAIN

 

Nathalie et Alain présentent quelques combattants des 28ème et 42ème D.I. U.S.

 

(30 juillet 1918) Je terminais ma reconnaissance et atteins le régiment de flanc, juste avant l'aurore. Là, je trouvai son remarquable colonel, Franck McCoy, et son brave aumônier, le Père Duffy, qui revenaient après avoir enterré le poète Sergent Joyce Kilmer à côté d'une souche d'un de ces arbres qu'il avait immortalisés (dans le poème : Trees).

 

La tombe définitive de Joyce Kilmer

 

Trees

I think that I shall never see

A poem lovely as a tree.

A tree whose hungry mouth is prest

Against the earth's sweet flowing breast;

A tree that looks at God all day,

And lifts her leafy arms to pray;

A tree that may in Summer wear

A nest of robins in her hair;

Upon whose bosom snow has lain;

Who intimately lives with rain.

Poems are made by fools like me,

But only God can make a tree.

-- Joyce Kilmer

Biography:Kilmer, (Alfred) Joyce b. Dec. 6, 1886, New Brunswick, N.J., U.S. d. July 30, 1918, near Seringes, Fr.

 

Les tombes des combattants américains ont été regroupées ici à partir de 1919

 

Le Lieutenant Rodgers est tombé lors des combats de la prise du Bois des Grimpettes

 

10 - La progression vers le nord

 

Pour l'attaque prévue le 2/8 limite droite : ferme de Camps et direction nord, limite gauche Mareuil-en-Dôle. Relève prévue par la 4ème D.I. U.S. pour la nuit du 2 au 3. L'évacuation allemande dans la nuit du 1 au 2 accélère le mouvement. Les pionniers du 117ème Génie au contact de la 32ème D.I. et participent à la poursuite. Parcours suivi par le Colonel Mac-Arthur.

 

Il est important de noter, pour comprendre le retrait allemand dans la nuit du 1er au 2 août, que la ligne Grand-Rozoy - Saponay tombe le 31 juillet 1918. Ils décrocheront également le 2 août devant la 62ème D.I. qui se bat dans Fère-en-Tardenois.

 

Extrait du Journal de marche de la 42ème D.I. U.S.

1er août 1918

 

A 14 heures 30 le 1er Corps donna l'ordre de la relève de la 42ème D.I. U.S., moins l'artillerie, par la 4ème D.I. U.S. pendant la nuit du 2 au 3 août. Les ordres de la VIème Armée précisaient que l'attaque continuait le 2 août sans changement de mission. Les nouvelles limites de la 42ème D.I. U.S., effectives à 10 heures du matin le 2 août, sont les suivantes :

 

Limite droite : Sergy (inclus) - ferme de Camps (incluse) - ferme d'Evry (exclue)

Limite gauche : Seringes (inclus) - lisière est du Bois de la Porte d'Arcy.

 

Le 1er Corps U.S. ordonna à la 42ème Division U.S. de s'adapter à l'attaque de la 32ème Division U.S. prévue pour 4 heures 15 du matin. Le 117ème Génie reçut l'ordre de passer au travers du 168ème R.I., d'attaquer et de maintenir le contact avec la 32ème D.I. U.S..

 

Pendant la nuit du 1er au 2 août, les Allemands exécutèrent la première phase de leur repli sur la Vesle. La ligne des avant-postes allemands, opposée à la 42ème D.I. U.S., s'étendait de la lisière sud du Bois du Faux à Mareuil-en-Dôle.

 

Derrière nous, Seringes et Meurcy

 

2-6 août 1918

Quand la retraite de l'ennemi fut découverte, la marche en avant partit sur l'ensemble du front. Les compagnies A et B du 117ème Génie, sur la droite, avancèrent sans contact, sur la gauche, avec le 2ème Bataillon du 167ème R.I., mais en maintenant le contact avec la 32ème Division U.S., ils atteignirent la lisière nord du Bois de Voiselles. Le 2ème Bataillon du 168ème, atteignit la lisière nord-est de la Forêt de Nesles et ses éclaireurs avancèrent au-delà de la ferme des Bons Hommes après avoir neutralisé la résistance des mitrailleuses de ce point. Le second Bataillon du 167ème R.I., avança dans la Forêt de Nesles en contact avec le 168ème.

 

Le 165ème R.I. avança avec le 3ème Bataillon en tête et atteignit la lisière nord-ouest de la Forêt de Nesles. Le 2ème Bataillon du 166ème, neutralisa la résistance de Mareuil-en-Dôle et entra dans le village. Apprenant la prochaine relève par la 4ème D.I. U.S., les troupes dans le village furent retirées sur la hauteur au sud-ouest de Bayon

 

La crête domine l'Ourcq, au sud le "Moulin Vert"

 

Sur la droite de la 42ème D.I. U.S., les Compagnies A et B du 117ème Génie, étaient en contact avec la 32ème D.I. U.S., dans le Bois du Chenet. Sur la gauche de la 42ème D.I. U.S. le contact avec la 62ème D.I. était établi dans le Bois de la Porte d'Arcy.

 

Les ordres du 1er Corps d'Armée U.S. à la 4ème D.I. U.S. précisaient qu'elle devait suivre la 42ème et la relever par dépassement quand la poursuite s'arrêterait. La 4ème D.I. U.S. avançait sur deux colonnes, la 8ème Brigade se préparait à relever la 84ème et la 7ème, la 83ème. La relève s'acheva vers 4 heures du matin le 3 août. Les Compagnies A et B du 117ème Génie, progressaient en tête de la 4ème D.I. U.S. jusqu'à la ferme de la Grande Pièce, au sud-est de Chéry-Chartreuve, où ils furent relevés vers 8 heures du matin.

 

La 42ème D.I. U.S., moins l'artillerie, regroupée dans la Forêt de Fère, y resta en réserve du 1er Corps U.S. jusqu'à la fin de l'offensive, le 6 août. De là la division se déplaça par étapes vers la région de Saint-Mihiel afin de participer à l'offensive de Saint-Mihiel."

Extrait des Souvenirs de MacArthur

" 29 Juillet

Peu après minuit, pendant une reconnaissance devant nos avant-postes, j'eus le sentiment d'entendre des bruits inhabituels dans les lignes allemandes - explosions, grondements sourds de nombreux véhicules sur le départ. J'eu la certitude que l'ennemi retraitait. Je pris la décision d'avancer vers lui immédiatement. Je n'avais pas le temps de consulter le Quartier Général. Ma décision reposait sur ma seule appréciation et je devais en assumer toutes les conséquences.

 

 

C'est le chemin suivi par le Colonel MacArthur

 

Il était 3 heures 30 du matin quand je partis de notre droite, à Sergy, me déplaçant, avec des agents de liaison, de chaque avant-poste vers le prochain, au travers de l'ancien no man's land.

 

Jamais je n'oublierai cette marche. Les morts étaient si nombreux par endroit que l'on trébuchait sur eux. Il y avait au moins 2.000 de ces corps étendus. J'identifiai les insignes de six divisions allemandes dont quelques unes parmi les meilleures. L'épouvantable puanteur était suffocante. Les râles et les cris des blessés s'entendaient partout. Je pensais à quel point j'avais eu tort, un beau jour, à l'académie militaire de West Texas, quand j'avais crânement critiqué, comme trop excessive, la description de l'enfer de Dante.

Sergy, la progression de la 42ème D.I. U.S. reprend avant la relève par la 4ème D.I. U.S.

 

11 - Sergy, village pris, perdu, repris

 

Le 29, le 2/168 attaque vers 8 h 30, le sud de Sergy, il échoue. Le 3/47 attaque à son tour la compagnie L va chasser les Allemands, le 2/168 va établir des avant-postes au nord de Sergy. Pour Mac-Arthur onze attaques sur Sergy qui change de mains.70 civils pendant les combats.

 

 

Extrait du Journal de marche de la 42ème D.I. U.S.

 

"29 juillet 1918

A l'extrême droite, le 2ème Bataillon du 168ème R.I. devait mener l'attaque avec le 3ème Bataillon du 47ème R.I. en soutien. Il attaqua vers 8 heures 30 depuis le sud de Sergy, il rencontra une résistance déterminée et ne fit aucun gain. Le 3ème Bataillon du 47ème R.I., s'avança depuis les environs de la Cense avec les Compagnies I et L de droite à gauche, devant, et les Compagnies K et M en soutien. La Compagnie I fut arrêtée devant Sergy et recula dans les bois longeant l'Ourcq au nord de la Ferme de La Motte. La Compagnie L chassa les Allemands de Sergy, traversa le village et atteignit la crête nord. Vers 17 heures, elle recula vers la limite ouest du village. Le 2ème Bataillon du 168ème R.I. plaça un avant-poste le long du ruisseau au nord de Sergy et organisa une ligne de résistance à l'est et au sud du village. Le 1er et 3ème Bataillons du 168ème R.I. restèrent sur les positions atteintes la veille.

 

30 juillet 1918

A 9 heures du matin, le 3ème Bataillon du 47ème, appuyé par le 1er Bataillon du 168ème, attaqua depuis Sergy. L'attaque fut stoppée dans les champs au nord du village, seuls quelques hommes traversèrent le petit ru. Dans l'après-midi, les hommes se retirèrent sur Sergy et les positions de la nuit précédente. Durant la nuit du 30 au 31, le 3ème Bataillon du 47ème R.I., fut retiré de la première ligne Le 168ème R.I. établit des avant postes sur la rive nord du petit ru au nord du village."

 

Sergy est devant nous, derrière la cote 212

Suite des souvenirs d'un habitant de la région

 

"A Sergy, également, environ 70 personnes sont surprises en Mai. Lors de l'arrivée des Américains, les Allemands ne se soucient pas de ces habitants qu'ils n'évacuent pas. Les Américains prennent, perdent et reprennent cinq fois Sergy, ils ont en plus la difficile mission d'évacuer ces civils vers Fresnes."

 

Extrait des Souvenirs de MacArthur

 

"Nous forçâmes le passage juste avant l'aube, le 28 juillet (1918) et prîmes la Ferme de Meurcy dans un combat au corps à corps. Nous prîmes le village de Sergy, à l'autre bout de la ligne de front (de la division), à la pointe de la baïonnette mais nous fûmes rejetés presque immédiatement. Onze fois cette position changea de mains avant que, finalement, nous tînmes ces ruines fumantes. ........................................

 

A la tombée du jour du 29 Juillet nous en étions les seules maîtres. Le commandant de la division cita plusieurs hommes ce jour là et je fus parmi eux - ma troisième Silver Star.

 

De retour sur la cote 212, l'exposé s'écoute assis ...

 

12 - Les ligne le 1er août 1918. Les Jomblets et le Pelgé. Le petit train et les munitions qui sautent. Les combats de la 32ème Division U.S..

 

Nouvelle implantation des C.A, le 3ème C.A. est passé à la VIème Armée. La 32ème D.I. U.S. doit attaquer, les avant-postes du 168ème sont retirés de la cote 212 pour la laisser passer. Le petit train allemand saute à Cierges. La 32ème D.I. U.S. prend Cierges le 31, à 14 h, mais est repoussée aux Jomblets, qu'elle prendra le 1/8 au matin pour les perdre à 9 h et les reprendre finalement dans l'après-midi

1er août au matin

 

 

Pour tenir compte du rétrécissement du front, le 7ème C.A. est retiré du front, (le 38ème C.A. et le 1er C.A. U.S. élargiront leur front et glisseront légèrement vers l'ouest) le 1er août, après le franchissement de l'Ourcq le front sera tenu de l'Est à L'Ouest par :

- le 3ème C.A. (qui était à la 5ème Armée passe à la 6ème) et sa 4ème division garde son axe de marche, vers le Bois Meunière, en passant à quelques centaines de mètres à l'est de Ronchères.

- le 38ème C.A., 32ème D.I. U.S. en tête, tient la région de Cierges

- le 1er C.A. U.S., 42ème D.I. U.S. en tête, tient de Sergy à Seringes

- la 62ème et 63 ème D.I. Françaises du 2ème C.A. tiennent Fère-en-Tardenois et le sud de Saponay

 

L'attaque de la 32ème D.I. U.S. vers les Jomblets

 

Les bois des Jomblets et du Pelgé vont offrir aux Allemands des lignes de défense redoutables.

 

 

Extrait du Journal de marche de la 42ème D.I. U.S.

 

"31 juillet 1918

 

Conformément avec les instructions de la VIème Armée, le 1er Corps U.S. donna ordre, à 0 heure 30, le 31 juillet, à la 42ème D.I. U.S. d'attaquer et de prendre au minimum la ligne, la hauteur au nord du bois du Pelger - la cote 177, 1 kilomètre à l'est de la Ferme de Meurcy. Les Américains de la 32ème D.I. U.S., qui venaient de prendre en charge le front du XXXVIII Corps pendant la nuit, en relevant la 28ème D.I. U.S., devaient attaquer simultanément sur la droite. L'heure H était prévu pour 16 heures 30. Le IIème Corps reçut l'ordre d'attaquer sur la gauche du plateau de la cote 184. Le 7ème Brigade de la 4ème D.I. U.S., fut rattachée, comme réserve de division de la 42ème, cela continua ainsi jusqu'au 3 août.

 

Pour cette attaque les limites entre la 42ème et 32ème D.I. U.S. furent modifiées d'un point à 200 mètres au nord de la cote 212, vers le nord-est du bois du Pelger et delà vers le nord. Les avant-postes du 168ème R.I. sur la cote 212 furent retirés afin de laisser passer les troupes de la 32ème D.I. U.S..

 

A 14 heures, des ordres de la 84ème Brigade précisaient que les 168ème et 167ème R.I. devaient attaquer quand la gauche de la 32ème D.I. U.S. dépasserait la ligne de la 84ème Brigade au nord de Sergy.

 

Pendant l'après-midi la gauche de la 32ème D.I. U.S. fut arrêtée au sud du bois des Jomblets et s'enterra le long de la route Cierges - Sergy, maintenant le contact avec la 42ème D.I. U.S. sur la cote 212. En conséquence la 84ème Brigade n'avança pas.

 

1er août 1918

 

A 1 heure du matin, le 1er août, la 84ème Brigade ordonna à ses troupes de coopérer à l'attaque en exécutant l'opération prévue pour le 31 juillet.

 

La gauche de la 32ème Division U.S. avança au travers du Bois de la Planchette et du Pelger, mais une contre-attaque la rejeta dans le bois des Jomblets. Contacts était établi avec la 42ème à la lisière est de Sergy.

 

Le 2ème Bataillon du 168ème R.I., participa à cette attaque et avança sur les hauteurs au nord de Sergy, mais compte tenu de son flanc droit découvert, il retraita sur Sergy, laissant des avant-postes afin de couvrir les approches du village.

 

Retour vers Cierges, derrière le Bois Meunière

 

Le 1er Bataillon du 47ème R.I., précédant le 47ème R.I. fut dans l'impossibilité d'avancer. Il fut relever par le 2ème Bataillon du 167ème R.I., pendant la nuit du 1er au 2 août.

 

A 14 heures 30 le 1er Corps donna l'ordre de la relève de la 42ème D.I. U.S., moins l'artillerie, par la 4ème D.I. U.S. pendant la nuit du 2 au 3 août.

 

Les ordres de la VIème Armée précisaient que l'attaque continuait le 2 août sans changement de mission. Les nouvelles limites de la 42ème D.I. U.S., effectives à 10 heures du matin le 2 août, sont les suivantes :

 

Limite droite : Sergy (inclus) - ferme de Camps (incluse) - ferme d'Evry (exclue)

Limite gauche : Seringes (inclus) - lisière est du Bois de la Porte d'Arcy.

 

Le 1er Corps U.S. ordonna à la 42ème Division U.S. de s'adapter à l'attaque de la 32ème Division U.S. prévue pour 4 heures 15 du matin. Le 117ème Génie reçut l'ordre de passer au travers du 168ème R.I., d'attaquer et de maintenir le contact avec la 32ème D.I. U.S..

 

Pendant la nuit du 1er au 2 août, les Allemands exécutèrent la première phase de leur repli sur la Vesle. La ligne des avant-postes allemands, opposée à la 42ème D.I. U.S., s'étendait de la lisière sud du Bois du Faux à Mareuil-en-Dôle."

 

Le train à voie étroite, construit par les Allemands en juin/juillet 1918, entre Saint-Gilles et Fère-en-Tardenois remonte vers le sud la vallée de l'Orillon puis après avoir franchi la crête au nord-est de Cierges reste parallèle à l'Ourcq sur sa rive nord.

 

 

L'artillerie américaine en prévision de l'attaque sur Cierges fit sauter un train de munition au nord de Cierges. ("A Cierges, un dépôt de munitions allemands explosent, détruisant totalement une petite ferme près de l'église et endommageant les environs, la petite ferme ne sera pas reconstruite.")

 

Le 31 Juillet, à 14 heure, la 32ème Division attaque, prend Cierges, atteint Les Jomblets mais doit reculer devant la puissance des feux en provenance du bois.

 

Le 1er Août, très tôt le matin, la Division prend Les Jomblets, les dépasse et essaye de tenir le terrain, elle repousse une première contre-attaque, après le lever du jour. A 9 heure du matin, une violente contre-attaque avec appui d'artillerie chasse les Américains. L'après midi Les Jomblets sont repris, par les Américains, et tenus, grâce à un double assaut, convergent, de deux régiments.

 

Le 2 Août, la 32ème Division, libère Chamery, et découvre la tombe fraîche, d'un aviateur américain. En effet, le 14 Juillet, lors d'un combat aérien, le Lieutenant Quentin Roosevelt, fils de l'Ex-Président des U.S.A., Théodore Roosevelt, a été abattu près de Chamery. Les Allemands, l'enterrèrent où il était tombé, marquant sa tombe avec les roues de son avion et une croix avec l'inscription : "Roosevelt, aviateur américain". (il existe une autre version)

 

Coulonges, Cohan et Dravegny, sont également libérés le 2 Août. Dravegny du 4 au 14 Août sera le siège de l'Etat-Major de la 28ème Division pendant les combats sur la Vesle. Sur la gauche, Chéry-Chartreuve est libéré le 3 Août par la 4ème Division.

 

13 - Retour à l'église de Cierges

 

Jean présente la marche du 15 Septembre 2001

 

Avant le dîner, les activités futures sont étudiées


RETOUR VERS LES ACTIVITES"2001" ET LES ACTIVITES FUTURES