LES TROUPES AMÉRICAINES DANS LA 4ème ARMÉE

LA 42ème D.I.U.S., DANS LA 4ème ARMÉE, LE 15 JUILLET 1918

Traduit et présenté librement d'après "American armies and battlefields in Europe", Center of Military History United States Army. 1938.

La 42ème D.I.U.S. fait partie de la Garde Nationale, elle comprend la 83ème et 84ème Brigade

83ème Brigade : 165ème et 166ème R.I., 150ème Bataillon de Mitrailleuses

84ème Brigade : 167ème et 168ème R.I., 151ème Bataillon de Mitrailleuses

On peut voir sur cette carte que les 83ème et 84ème Brigades tiennent, en support, la position intermédiaire qui comprend le sud d'Aubérive, Saint-Hilaire-le-Grand, Souain, et la ligne à 2 km à l'ouest de Perthes-les-Hurlus

La dernière puissante offensive allemande de la guerre qui fut lancée le 15 juillet 1918 et fut stoppée, dans ce secteur, avec des pertes terribles pour les assaillants.

Rappelons que les patrouilles, à l'est de Reims, vers 20 h, le 14 juillet 1918, du 366ème R.I., de la 132ème D.I., du 4ème C.A, de la 4ème Armée Française, firent 27 prisonniers desquels fut obtenu le planning, les horaires et les autres précieuses informations relatives à la grande offensive allemande qui devait commencer la nuit même sur la totalité du front.

Conformément à la directive N4 (22/12/17) du Général Pétain sur la défense en profondeur, la position intermédiaire devait être défendue à tous prix lors de l'attaque attendue des Allemands. Cette position (voir la carte) incluait la route est-ouest, parallèle à la ligne de front, et au sud, de la position intermédiaire. Les tranchées de support étaient le long de la route ou 150 mètres plus au sud.

Au sud d'Aubérive, un bataillon de la 42ème D.I.U.S. tenait le secteur sur environ 800 mètres avec deux compagnies sur la ligne avancée et une sur les tranchées de la ligne de support. Les autres compagnies de ce bataillon tenaient la ligne avancée 2400 mètres plus à l'est. Un autre bataillon défendait Saint-Hilaire-le-Grand, un autre Souain.

Au cours de la nuit du 14 au 15 juillet, la tension fut extrême dans ce secteur. Avec la pleine connaissance des plans allemands l'artillerie française et américaine ouvrit le feu vers 23h 20 sur les masses allemandes se regroupant pour l'assaut. Exactement à l'heure prévu, à minuit 10, l'artillerie allemande ouvrit le feu. Une partie des feux fut tirée contre la position intermédiaire, mais l'essentiel fut tirée contre les tranchées et les barbelés de la 1ère ligne, à environ 2500 mètres plus au nord. Comme cette ligne avait été pratiquement abandonnée, à l'exception des "postes sacrifiés", la plupart des obus allemands furent gaspillés en vain.

A 3 h 50 du matin, l'infanterie d'assaut allemande fut lancée, ce fait fut signalé vers l'arrière par des fusées tirées par les hommes des "postes sacrifiés", qui tentaient de désorganiser les premières vagues d'assaut ennemies par le feu des mitrailleuses tout en retraitant lentement vers la position intermédiaire.

Dans le secteur au sud d'Aubérive, ce fut le moment où les soldats américains de la position intermédiaire se préparaient à recevoir l'assaut, mais l'efficacité des petits postes de 1ère ligne fut telle que les troupes allemandes ne réussirent à atteindre la position intermédiaire que vers 8 h du matin. Les premières vagues furent repoussées et vers 10 h les Français et les Américains avaient repoussé, avec des pertes sévères, 7 assauts. Vers 11 h l'attaque perdit de son mordant et l'ennemi fut appelé à la retraite pour se réorganiser.

Dans ce secteur, plusieurs attaques ennemies, dans l'après-midi et dans la soirée, furent repoussées et durant la nuit un autre bataillon de la 42ème D.I.U.S. fut poussé en avant pour renforcer la ligne, il s'installa dans les tranchées au sud de la route.

Le 16 juillet, à 10 h 30 du matin, après une lourde préparation d'artillerie, les Allemands renouvelèrent leurs efforts pour enfoncer la position intermédiaire vers Saint-Hilaire. En dépit des attaques répétées jusqu'à 14 h les assauts furent repoussées avec de lourdes pertes. Ces attaques furent probablement lancées afin de dissimuler aux Alliés la défaite définitive des Armées Allemandes le jour précédent et elles marquèrent la fin, sur ce front, des tentatives allemandes de progression.

Dans le secteur au nord de Souain, sur un kilomètre, deux compagnies de la 42ème D.I.U.S. tinrent les tranchées du 15 au 19 juillet. Tôt le matin du 15, quand les groupes isolés sur la ligne de front à 3 km au nord se retiraient devant l'assaut allemand, les troupes américaines furent frappées par toute la force de l'attaque. Après des attaques vigoureuses les Allemands pénétraient dans les lignes américaines de ce secteur, vers 7 h 50, mais furent rejetés à 8 h 30 après de durs combats au corps à corps. Les attaques suivantes de l'après-midi et de la soirée furent repoussées avec tant de détermination que les Allemands renoncèrent, les jours suivant, à progresser dans ce secteur.

Le texte suivant est extrait du journal d'un officier de l'une des compagnies du secteur de Souain :

"Un peu avant minuit . Notre artillerie ouvrit le feu et le ciel devint rouge sur des kilomètres devant nous, à minuit l'artillerie ennemie ouvrit le feu et je pouvais voir des centaines d'obus de mortiers de tranchée jetées sur la 1ère position où les Français tenaient la ligne avec des effectifs squelettiques. Le bombardement continua jusqu'à l'aurore. Des tanks furent entendus pendant la nuit, mais ils furent mis hors de service avant d'atteindre nos lignes. L'infanterie ennemie accompagnée de mitrailleuses légères atteignit nos barbelés à l'aurore, quelques Allemands les traversèrent mais furent tués dans nos tranchées toutes les attaques furent repoussées.

" Quelques Allemands attaquèrent en vareuses françaises mais furent repérés à temps. Avant la 2ème attaque, on pouvait voir les Allemands sur les collines et descendant la route Sommepy-Souain, à distance, par petits groupes et se regroupant à l'est de la route. Cette attaque quand elle commença ne frappa pas de front notre ligne mais de travers de la droite vers la gauche avec pour résultat qu'un grand nombre d'ennemis passait devant nos barbelés et était exposé à notre feux à courte distance. Un sous-officier allemand, sur un petit monticule devant nous, donnait des ordres jusqu'à ce qu'il fut tué. L'ennemi retraita en ordre quand l'attaque cessa. Je pus voir un groupe sur le versant d'une colline à une distance considérable, tirer une fusée, qui devint un parachute avec ce qui semblait être un triangle suspendu, l'attaque cessa rapidement après cela.

" Nos avions abattirent de nombreux ballons d'observation directement devant nous. Les avions ennemis étaient nombreux et actifs. Le 16 juillet, je comptais 36 avions au Nez Rouge, en une formation, qui passa au-dessus de nous en tirant sur les tranchées à la mitrailleuse."

En se défendant contre l'offensive allemande du 15 juillet, les Français tinrent légèrement la crête de la 1ère ligne et en conséquence les combats les plus importants du secteur eurent lieu vers Souain. Après que l'attaque allemande de juillet ait échoué, la crête de la 1ère ligne ne fut pas réoccupée et le front se trouvait 2 kilomètres plus au sud.

La part la plus importante des unités de la 42ème D.I.U.S. organisa et tint la 2ème position qui fut bombardée intensément pendant l'attaque, mais aucun combat actif n'y fut mené car les Allemands furent incapables de percer la position intermédiaire.

Le 16 et 17 juillet des patrouilles américaines et françaises reconnurent jusqu'à la précédente 1ère ligne française maintenant occupée par les Allemands.

Le 19 juillet, la 42ème D.I.U.S. fut relevée des tranchées de ce front, en préparation d'un mouvement vers l'ouest afin de participer aux combats de l'Ourcq. Pendant les opération du 15 et 16 juillet le Q.G. de la 42ème D.I.U.S. était installé à Crête Niel à une dizaine de kilomètre au sud du front.

Il est intéressant de noter que la 2ème D.I.U.S. combattit au début octobre 1918, dans le même secteur, mais plus au nord, sur la crête du Blanc Mont, ce qui explique que sur le monument de la Ferme de Navarin, qui est sur la 1ère ligne française du 15 juillet, un Américain accompagne les deux soldats français.

LA 2ème D.I.U.S., DANS LA 4ème ARMÉE, LE 2 OCTOBRE 1918

Traduit et présenté librement d'après "American armies and battlefields in Europe", Center of Military History United States Army. 1938 et complété d'autres sources.

Notons que la 42ème D.I.U.S. a déjà combattu dans la 4ème Armée Française à la mi-juillet 1918, vers Aubérive, Saint-Hilaire et Souain. Au début octobre 1918, c'est la 2ème D.I.U.S. qui va combattre, dans le même secteur, mais plus au nord, sur la crête de Blanc Mont, ce qui explique que sur le monument de la Ferme de Navarin, qui est sur la 1ère ligne française du 15 juillet, un Américain accompagne les deux soldats français.

Le 26 septembre les troupes françaises du secteur attaquèrent en conjonction avec l'offensive Meuse-Argonne de la 1ère Armée Américaine. Le 30 septembre ils avaient avancé au-delà de Sommepy. Mais, sur la crête de Blanc Mont, au nord de Sommepy, une forte position dominante, allemande, creusée dans la craie, les arrêta. Les assauts successifs français furent infructueux et l'avance était définitivement stoppée lorsque la 2ème D.I.U.S., le 2 octobre, releva les Français du secteur. La 36ème D.I.U.S. est en support de la 2ème D.I.U.S...

La 2ème D.I.U.S. comprend la 3ème Brigade (Army) et la 4ème Brigade (Marines)

3ème Brigade : 9ème et 23ème R.I., 5ème Bataillon de Mitrailleuses

4ème Brigade : 5ème et 6ème R.I. de Marine, 6ème Bataillon de Mitrailleuses

La 36ème D.I.U.S. comprend la 71ème Brigade et la 72ème Brigade

71ème Brigade : 141ème et 142ème R.I., 132ème Bataillon de Mitrailleuses

72ème Brigade : 143ème et 144ème R.I. de Marine, 133ème Bataillon de Mitrailleuses

L'offensive générale fut fixée au 3 octobre, la mission de la 2ème D.I.U.S. était de chasser l'ennemi de la crête, afin d'ouvrir à la 4ème Armée Française la voie en direction de la vallée de l'Aisne à plus de 20 km au nord. Le plan d'attaque de la division, bien que conçu rapidement, était astucieux. L'assaut n'était pas donné sur l'ensemble du front divisionnaire, les Marines attaquaient à l'ouest de Sommepy, la brigade d'Infanterie, 2 kilomètres plus à l'est. Le 3 octobre, au matin, la Brigade de Marine et la Brigade d'Infanterie, de la 2ème D.I.U.S., attaquèrent depuis le nord de Sommepy (voir carte) en direction du nord-nord-ouest, vers la crête de Blanc Mont à la ferme de Médéah.

Dans son classique : "Fix Bayonets !", John Thomason, du Corps des Marines, témoigne de ce que fut ce matin du 3 octobre 1918, l'assaut de 05 h 50. : "Le matin du 3 octobre fut gris et brumeux. De minuit à l'aube, le front avait été comparativement calme. Soudain tous les canons français et américains ouvrirent le feu en même temps. Le bataillon vit le sol devant lui essuyé par un ouragan d'explosions d'obus. Rouges et vertes flammes explosaient en rangs ordonnés balayant les lignes boches, de grands nuages noirs s'élevait là où les obus tombaient rageusement. Le versant de la colline et le bois devinrent voilés d'un bas rideau de fumée, et les éclairs apparaissaient rougeoyantes dans le nuage."

En à peine plus de deux heures après le début de l'attaque, la crête de Blanc Mont, conformément au plan était occupée. Mais la 2ème D.I.U.S., à cause de son avance rapide, avait dépassé les lignes françaises et avait ses flancs découverts. Sur le côté ouest de la crête, les forces allemandes contrôlaient toujours le secteur ce qui leur permettait de soutenir un feu mortel contre le flanc gauche de la division. La Brigade de Marine dut déployer son 5ème R.I. de Marine, face à l'ouest pour couvrir le flanc.

Sur Blanc Mont, un observateur allemand, le lieutenant Richert, tint informé le commandant de sa division de la progression des événements qui étaient favorables sur la ligne de front sauf à Blanc Mont. A 8 h 15 il rapportait que les Américains étaient sur la colline, de sa tranchée il pouvait entendre leurs voix, en réponse, son commandant divisionnaire lui ordonna d'utiliser toutes les réserves disponibles pour contrer la progression américaine.

A 8 h 30, les Américains étaient encore plus près et capturèrent quelques détachements du PC. Le Lieutenant Richert rapporta que leur force semblait être d'un seul bataillon. La division ordonna qu'on fit le point sur les unités d'infanterie disponibles dans ce secteur afin d'organiser une contre-attaque . A 9 h, les choses semblaient un peu meilleures, les Américains étaient principalement le long de la route et avaient laissé seulement de légers avant-postes sur le sommet de la colline. Mais à 9 h 20, l'opérateur téléphonique appela pour signaler que les Américains avait pris la tranchée et exigeaient la reddition, quand la ligne téléphonique fut coupée. Le Lieutenant Richert et son équipe étaient prisonniers.

La 2ème D.I.U.S. consolida la position prise et commença à pousser l'artillerie vers l'avant. Un bataillon de chaque régiment se déplaça, à 9 h 30, au nord de Sommepy, suivi par les autres dès qu'il était en position. La ligne Blanc-Mont-Ferme-Médéah avait été assignée comme premier objectif en se préparant à une avance ultérieure qui fut faite tard dans l'après-midi.

Le 23ème R.I.U.S. passa au travers des ligne du 9ème et poussa en avant en colonne de bataillon, le 9ème suivi en support. Pareillement, à la 4ème Brigade de Marine le 5ème R.I. de Marine passa au travers du 6ème et prit la tête. Mais ni la 167ème D.I. (française), sur la droite, ni la 21ème (française), sur la gauche, ne firent de progrès et les Américains reçurent le feu des deux côtés en plus des puissants tirs d'artillerie du front.

L'avance la plus profonde fut au centre, où le 23ème R.I.U.S., appuyant un peu sur la gauche de sa propre direction, gagna 1 kilomètre et demi. Le seul ennemi restant devant le régiment était ce qui restait de la 15ème Division Bavaroise et qui arrivait de la ligne d'Orfeuil, épuisée, le jour d'avant, et qui était jetée en ligne, en désespoir. Mais les feux sur les flancs rendaient impossible toute progression. Deux bataillons du 9ème R.I.U.S. furent poussés sur la droite, en couvrant ce flanc, en connexion avec les Français à la ferme de Médéah. La gauche de la 4ème Brigade de Marine était complètement exposée. La 21ème Division sur la gauche était encore en arrière à la tranchée Essen (voir carte), la 170ème D.I. (française) n'était pas encore en position pour apporter un quelconque support. Une avance sur ce point était hors de question, mais le 5ème R.I. de Marines, réussit tard le soir, en appuyant sur sa droite, à rétablir le contact avec le 23ème R.I.U.S.. La situation la nuit du 3 au 4 fut précaire, la division tenait un saillant de 2,5 km de profondeur, de 2 km à la base et de seulement 500 mètres pour les derniers 800 mètres.

Le 4 Octobre, on ordonna la préparation d'une avance vers Saint-Etienne-à-Arnes, mais l'heure de l'attaque n'était pas fixée. Il était hors de question d'approfondir le saillant, il était nécessaire d'attendre que les divisions de flancs arrivent à hauteur. Dans la matinée, cependant le 5ème R.I. de Marine continua l'avance commencée le soir précédent et occupa les hauteurs à 1500 mètres , au sud-est de Saint-Etienne, souffrant sévèrement des tirs de flanc. Ceci soulagea le 23ème R.I.U.S., mais plaça les Marines dans une situation encore plus délicate. L'attaque continua l'après-midi mais les gains de terrain conquis ne purent être conservés. Sur le flanc est du saillant, la 3ème Brigade fut activement engagée toute la matinée. Des fragments de la 15ème D.I. Bavaroise attaquèrent rapidement, à 6 heures du matin, et reprirent un peu de terrain mais ils furent repoussés. Le 2/9 R.I.U.S. (Lt Cl Arnold) supporta le gros de cette attaque.

Vers midi, les rapports annoncèrent que les progrès sur les flancs, droit et gauche, étaient encourageants. On fixa à 14 h 30, l'heure de l'attaque préparée dans la matinée. La 3ème Brigade tenta une avance, le 23ème R.I.U.S., en tête, le 9ème suivant en support. Partant de l'étroit saillant, cette attaque avait les deux flancs découverts et fut rapidement immobilisée et le commandement de la Brigade ordonna aux troupes de réoccuper leurs positions initiales.

Le 5 et 6 octobre. Les combats des Allemands, le 5 et 6, avaient principalement pour but de sécuriser leur retraite. Le Kronprinz, le 3, émit les ordres pour la retraite sur la "4ème ligne de résistance".

Durant la nuit du 5 au 6, il fut convenu de nettoyer les nids de mitrailleuses qui bloquaient les Américains. Le plan de feu de l'Artillerie, comprenait une heure de préparation sur les lignes ennemies et les arrières immédiats, commençant, le 6, à 05 h 30, suivie par un barrage roulant. L'avance fut réussie et la route Saint-Etienne-Orfeuil atteinte à la fin de la percée, mais après de durs combats, presque tout le 23ème R.I.U.S. fut engagé et une partie du 9ème. Plusieurs messages furent reçus des Français qui annonçaient la prise de Saint-Etienne, qu'ils voulaient confier aux Américains, car dans leur zone d'action. Mais ces rapports étaient trop optimistes car des éléments français étaient entrés dans la ville mais elle n'avait pas encore été nettoyée des derniers éléments Allemands.

Le 6, afin de renforcer la 2ème D.I.U.S., décimée, et capturer Saint-Etienne, la 71ème Brigade de la 36ème D.I.U.S. reçu l'ordre de se mettre en route vers le front et fut, temporairement, placée sous les ordres du Général Lejeune.

Notons que les anciennes tranchées allemandes, dans Sommepy, près de l'église, furent utilisées par le PC. de la 2ème D.I.U.S. du 6 au 10 octobre 1918, puis par le PC de la 36ème D.I.U.S. du 10 au 12 octobre.

En résumé, ce qui était nécessaire pour une telle mission c'était des troupes d'assaut fraîches et vigoureuses et qui puissent se lancer sur ce long glacis de Blanc Mont sans trop payer attention aux camarades qui allaient tomber fauchés par les mitrailleuses et les éclats d'obus. Les survivants devaient posséder une énergie telle qu'ils tiendraient la crête malgré les contre-attaques furieuses ennemies. C'est probablement pourquoi le choix fut porté sur l'expérimentée 2ème Division US accompagnée de la 36ème (Garde Nationale du Texas et de l'Oklahoma) qui elle n'avait pas connu le baptême du feu. Soit 54 000 hommes au total mis à la disposition de la 4ème Armée Française. Notons que les effectifs de ces divisions américaines sont très largement plus du double des divisions françaises et allemandes de l'époque.

Après un sanglant mais réussi assaut initial de 2 heures, le matin du 3 octobre, tous les quatre régiments de la 2ème D.I.U.S. (commandé par le Général des Marines, John Lejeune) se trouvaient au sommet de la crête, mais séparés, chacun partiellement tournés et devant repousser de nombreuses contre-attaques. Les Français avaient progressé de chaque côté, mais n'avaient pas suivi la rapide progression des Américains, qui se trouvaient, ainsi, avec des flancs découverts, les défenseurs allemands pouvant attaquer de presque tous les côtés.

Des éléments de la 36ème D.I.U.S. durent avancer pour combler les trous et soutenir la position périlleuse. Des unités des deux divisions collaborèrent le 7 et 8 octobre pour prendre les nids de mitrailleuses du village de Saint-Etienne-à-Arnes qui fut le choc décisif sur la défense allemande.

La 2ème D.I.U.S. exténuée fut envoyer à l'arrière pour se reposer et se reformer. La 36ème entreprit la poursuite jusqu'à l'Aisne, ce fut une rapide avance de 20 km. Le 13 octobre, la ligne de l'Aisne était stabilisée et les deux divisions américaines furent redéployées à l'arrière des forces du Général Pershing.

L'histoire a retenu de cette bataille son caractère sanglant avec 7 800 hommes blessés ou tués et le Maréchal Pétain y vit la plus belle réussite de la campagne de 1918, mais ce fait d'arme tomba lentement dans l'oubli. Heureusement, le monument de Blanc Mont rappelle cette victoire et le sang des hommes qu'elle a coûté.

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