LES COMBATS EN AOÛT 1918, AUTOUR DE BAZOCHES.

4ème et 77ème D.I. US, face à une partie des troupes de la 7ème Armée Allemande. La 62ème D.I. est à l'ouest de Bazoches.

Dès le 27 juillet, le Groupe d'Armées, des 9ème, 7ème et 1ère Armées Allemandes donne l'ordre de préparer la position "Blücher", derrière la Vesle, sur la rive nord. Entre le confluent avec l'Aisne et Jonchery, la 7ème Armée Allemande dispose de 6 divisions au repos pour préparer, en 6 jours, un solide verrou fortifié. La 62ème D.I., prend Fère-en-Tardenois, le 27, puis elle pousse vers la Vesle.

 

 

 

La position allemande au nord de l'Ourcq, "große Brückenkopfstellung", "Grosse Tête de Pont", commence à céder le 31 juillet, le repli progressif derrière la ligne "Blücher" sera terminé le 3 août, au soir.

Coulonges, Cohan et Dravegny, sont libérés par la 32ème Division US, le 2 août. Dravegny du 4 au 14 Août sera le siège de l'Etat-Major de la 28ème Division pendant les combats sur la Vesle. Sur la gauche, Chéry-Chartreuve est libéré le 3 août par la 4ème Division US.

 

La position "Blücher" le 6 août 1918

 

L'après-midi du 4 août, la 32ème Division attaque vers Fismes depuis les hauteurs de Saint Gilles, la ville de Fismes est prise mais au prix de pertes importantes causées par l'artillerie adverse et les feux des mitrailleuses. La 4ème D.I. U.S. prend St Thibaud et Ville-Savoye.

le P.C. du colonel du 307e (62ème D.I.) s'est transporté sous le pont de la voie ferrée au N.-E. de Mont-Notre-Dame pour activer le passage de la Vesle, par le 307e. Le P. C. avancé de la D. I. à la ferme Montbani. Le P.C. de l'infanterie divisionnaire fonctionne à partir de 13 h. 30.

Cette grotte est une de ces nombreuses creutes qui existent dans les flancs de la colline de Mont-Notre-Dame. Dans l'après-midi la Vesle est franchie sur des passerelles improvisées par de petits éléments du bataillon Pillières. Vers 18 heures, le commandant Ferville rend compte que le passage continue par infiltration avec l'appui de notre artillerie. A la droite les Américains ne peuvent déboucher du ravin de Saint-Thibaut. Le P. C. du 307e s'établit dans le bois de la Gorge-aux-Loups qui domine la route de Saint-Thibaut, parallèle à la Vesle.

Le 5 août la 4ème Division repousse une attaque et commence une offensive pour prendre pied sur la rive Nord de la Vesle. Quelques détachements réussissent mais sont finalement repoussés sur la rive Sud. Le 5 Août, la 62ème D.I. est affectée au 1er CA US. Le débouché de la D. I. dans cette boucle de la Vesle, en face d'un cirque de hauteurs très dominantes, est à peu près impossible, tant que Bazoches sera au pouvoir de l'ennemi. Et Bazoches est dans le secteur des Américains Les Américains ont encore une fois échoué devant Bazoches. Ils ont attaqué avec leur bravoure habituelle, mais ils mettent trop de monde en ligne et subissent de grosses pertes. Les compagnies américaines qui sont à Saint-Thibaut où elles sont effroyablement marmitées ne peuvent en déboucher. Elles sont fauchées dès qu'elles essayent de franchir la Vesle. Il faut donc étayer la droite laissée à découvert par ces fluctuations continuelles. Pour cela je prescris que le bataillon de droite du 307e sera placé en échelon, en arrière et à droite du 338e sur les hauteurs boisées dominant Saint-Thibaut. Pendant la nuit le génie continue à lancer des passerelles et construit également sur la Vesle un pont pour l'artillerie de campagne.

 

Le lendemain, 6 août, après une préparation d'artillerie de 4 heures, la 4ème Division retraverse, en force, la Vesle, devant Ville-Savoye pour atteindre la route nationale N 31, qui peut être conservée, malgré de vives contre-attaques, jusqu'au 8 août, où les Américains retraitent de 500 mètres pour s'établir derrière la voie ferrée.

 

La 62e D. I. est depuis hier rattachée au 1er C. A. U. S. (général Liggett ). Nous voilà complètement avec les Américains pour les aider à passer sur la rive nord de la Vesle.

13 h. 30 le général (62ème D.I.) téléphone que les Américains vont attaquer Bazoches. Nous attaquerons en même temps qu'eux. Préparation d'artillerie pendant une heure sur la voie ferrée et la Gravière. A H-30 les Américains passeront la Vesle et nous bondirons sur la voie ferrée

H. = 16h. 30. Un peu avant H. pendant le bombardement, on voit de mon observatoire des poilus à cran ramper comme des limaces dans la plaine et sauter sur la Gravière, un de nos objectifs près de la voie ferrée non loin de la station de Bazoches.

Le soir nous apprenons les noms de ces braves: l'aspirant Mouton avec quelques hommes de sa section.

Malheureusement les Américains ont encore échoué devant Bazoches et j'ai des renseignements tout à fait imprécis sur leur situation à notre droite. Ne pouvant trouver la liaison avec eux, j'en suis réduit à faire un crochet défensif.

Du 7 au 9 août, la 4ème Division lance plusieurs attaques près de Bazoches, mais la puissance du feux adverse interdit la construction de pont et les tentatives de traverser à la nage qui réussissent ne permettent pas d'avoir des effectifs suffisants pour garder le terrain conquis. Entre le 3 et le 12 août, date de la relève par la 77ème Division, la 4ème Division a perdu approximativement 3500 hommes

7 août - Après la relève du 338e par le 279e, les Allemands exécutent à 5 h. 30 une contre-attaque qui est repoussée. Le bataillon Pérotel qui a poussé en avant du petit bois pris hier soir par le bataillon Lapenne, le long de la voie ferrée fait de nouveaux prisonniers. A 7h 30 arrive un premier lot de 12 prisonniers du 107e R.I.. Leur moral est très bas. L'un d'eux dit que sa compagnie est réduite à 29 hommes. Il y a de nombreux cadavres devant nos lignes. A 8 h. 30 arrive un autre lot de 10 prisonniers du 107e R.I. portant 2 mitrailleuses légères et un affût de mitrailleuse lourde.

Le colonel Blavier, dont le P. C. est maintenant à côté du mien, vient me voir et je le félicite sur son succès d'hier. A 9 h. 45, le 279e rend compte que 2 compagnies américaines ont réussi à franchir la Vesle à notre droite.

Maintenant la tête de pont de la 62e D. I. est bien élargie. Elle permet au génie de travailler aux passages sur la Vesle dans la région boisée et, comme nous sommes toujours les seuls à posséder une tête de pont, je prescris au 279e de s'installer solidement sur la voie ferrée en établissant une liaison sûre avec les divisions de droite et de gauche. Dans l'après-midi le colonel Blavier m'amène un lieutenant américain, agent de liaison du ler C. A. U. S.

Toujours inquiet pour ma liaison à droite avec les Américains, je fais passer cette nuit 2 sections américaines par nos lignes; elles se porteront ensuite à notre droite en suivant la voie ferrée jusqu'à la station de Bazoches. Je serai sûr ainsi d'avoir quelqu'un à ma droite.

8 août.- 13 heures. Le barrage est demandé par fusées et par T. S. F. Les Allemands attaquent à notre gauche, en partant de la grand-route de Reims. 14 h . 10. On me rend compte que l'attaque est repoussée notre barrage déclenché à temps a été bien plaqué sur l'ennemi qui était fauché également par nos mitrailleuses.

A ma droite, j'avais prescrit aux Américains qui sont passés cette nuit par nos lignes de tâcher de se relier par patrouilles en suivant la voie ferrée, avec les Américains qui sont à l'est de Bazoches. Or à 15 h. 15 j'apprends que leur ligne a fléchi par suite d'infiltrations ennemies venant de la station de Bazoches. Je n'y comprends rien; cette liaison est mon point noir.

A 16 h. 35, les Américains signalent qu'une compagnie allemande serait passée, entre eux et nous, vers la Maladrerie. Cela me paraît invraisemblable; je donne cependant l'ordre au lieutenant-colonel Boisselet d'envoyer une compagnie de sa réserve pour occuper la Maladrerie et j'alerte le bataillon Piet-Lestrade qui est dans le bois sur les hauteurs. au S.-O. de Saint-Thibaut.

Dans l'après-midi j'ai une conversation téléphonique avec le commandant Millet du G. Q. G. qui m'annonce un gros succès des armées alliées: attaque franco-anglaise entre Morlancourt et Moreuil sur un front de 35 kilomètres. A midi on avait déjà progressé de 10 kilomètres en profondeur.

A minuit 30, on me rend compte que le 279e occupe avec une compagnie la Maladrerie et que les Américains sont au sud de la bifurcation du chemin de fer. Le tuyau de la compagnie ennemie s'infiltrant était donc faux - ce dont je me doutais - Mais je suis tout de même plus tranquille en ayant une compagnie du 279e à la Maladrerie sur la limite du secteur américain

Le 9 août; au matin, les Américains nous annoncent que les Allemands ont évacué Bazoches. Autant le renseignement d'hier soir m'avait paru trop pessimiste, autant celui de ce matin me semble exagéré par son optimisme. En effet des patrouilles ont été envoyées toute la nuit devant notre front et si elles ont rapporté 3 mitrailleuses et une Lewis, elles n'ont signalé aucun repli de l'ennemi. A 9 heures, je reçois la visite du lieutenant Pigny du 10e dragons envoyé en liaison auprès des Américains, qui me rend compte qu'à 8 h. 15 ceux-ci s'avançaient sur Bazoches et qu'ils nous demandent d'avancer également

Comme nous sommes assez fortement en avant d'eux je donne au lieutenant-colonel Boisselet les ordres suivants : Il poussera des patrouilles en avant de son front pour voir si les Allemands se replient réellement et profitera de toute occasion favorable pour appuyer un succès éventuel des Américains, tout en maintenant sa ligne de résistance sur la voie ferrée.

A 12 heures, je reçois la visite du chef d'État-major de la 77e D. I. U. S. qui doit venir bientôt nous relever. C'est une bonne nouvelle. Je lui donne les renseignements qu'il désire et l'invite à déjeuner. Je reçois aussi la visite de l'agent de liaison de l'I. D. 68. A 14 h. 40, j'apprends qu'à notre droite des éléments du bataillon Pellegrin sont arrivés aux petites voies de garage à 300 mètres au nord de la voie ferrée. Je renouvelle mes ordres de ne pousser que des éléments légers en avant, car les Américains n'occupent toujours pas Bazoches et ma position en flèche avec le village dans mon flanc droit serait plutôt périlleuse.

A 16 h. 10, les bataillons Pellegrin et Pérotel ayant progressé au nord de la voie ferrée, je confirme mes ordres antérieurs de ne pas dépasser le chemin de Bazoches à la route de Reims, tant que les Américains n'occuperont pas le village.

A 23 h. 50 on me signale un vif bombardement de nos lignes. J'y fais répondre aussitôt par un tir de concentration de 155 C sur le nord de Bazoches, qui n'est toujours pas occupé par les Américains.

10 août.- A 2 h. 30, j'apprends que les Américains se sont de nouveau repliés au sud de la Vesle et que nous avons encore une fois perdu la liaison avec eux. 10 heures. Une patrouille de cavalerie envoyée en liaison avec les Américains, rentre et me rend compte de leur situation approximative sur la voie ferrée.

 

Sur la droite de la 4ème D.I.U.S., la 28éme Division tente, sans succès, le 7 août de traverser la Vesle et de prendre Fismette sur la rive Nord et à gauche. Le lendemain, 8 août, après une très sévère préparation d'artillerie, deux attaques sont lancées et une partie de Fismette est prise et tenue.

 

Le 10 août, Fismette est entièrement prise, mais les Allemands veulent la reprendre à tout prix, les violents combats de rue durent 2 semaines. Au petit jour, le 27 Août, les Allemands enferment Fismette par un puissant barrage d'artillerie et attaquent, en force, au lance-flammes, ils capturent ou tuent tous les Américains à l'exception d'une poignée qui retraversent la Vesle à la nage.

11 août,.- C'est un dimanche, il fait un temps magnifique et la journée est occupée par les ordres à donner pour la relève de cette nuit. En effet le secteur que la 62e D. I. occupe actuellement, va être partagé en deux: la partie de droite passant à la 77e D. I. U. S., la partie de gauche à la 164e D. I..

Comme je tiens à passer à mes successeurs une situation bien nette et comme d'autre part je n'ai jamais pu avoir de précision sur la situation exacte des unités américaines à ma droite, j'ai envoyé de grand matin, le lieutenant Lévi au 307e avec mission de visiter toutes nos premières lignes le long de la voie ferrée et de continuer ainsi jusqu'à ce qu'il trouve la liaison à droite avec les Américains. Je veux savoir en un mot si oui ou non les Américains occupent la station de Bazoches, ou tout au moins le noeud des voies ferrées, aux environs duquel devrait se faire la liaison.

Lévi part, vers 2 heures du matin, accompagné du lieutenant pionnier Bazin et de l'aumônier Mercier du 307e qui va profiter de l'occasion pour visiter ses poilus. Tous trois après être passés aux P. C. de bataillon et de compagnies, arrivent au petit jour aux éléments qui occupent le talus nord de la voie ferrée. Le brouillard est très dense, c'est à peine si on y voit à cinq ou six mètres devant soi. A chaque silhouette d'homme qui se présente devant lui, le brave abbé Mercier s'avance tout joyeux 1a main tendue, disant : "Bonjour, mon ami, ça va bien". Et à chaque fois Lévi demande : "Qu'est-ce qu'il y a à votre droite?". C'est ainsi que, de groupes en groupes, Lévi et l'aumônier arrivent à un tournant de la voie ferrée, où le dernier homme rencontré leur dit : "Je ne sais pas trop ce qu'il y a plus à droite. Il doit y avoir des Américains, mais je ne sais pas au juste où ils sont."

Le brouillard est toujours épais, tout est calme. Lévi décide d'en avoir le coeur net et continue d'avancer sur la voie ferrée avec l'aumônier et le lieutenant Bazin. Tout à coup ils aperçoivent des hommes couchés, 1e haut du corps dans des niches creusées dans le talus de la voie ferrée. Ce sont des uniformes américains. L'abbé Mercier s'avance vers eux avec son bon sourire: " Ca va bien mon ami ?". Personne ne répond. Lévi leur adresse la parole en anglais, puis regardant de plus près, s'aperçoit que ce sont des cadavres. Ils en comptent plus de 20, qui ont dû être pris sous les feux d'une mitrailleuse de flanquement.

Puisqu'il y a des morts, il doit bien y avoir des Américains vivants quelque part. Lévi et l'abbé Mercier continuent donc d'avancer avec précaution dans la direction d'un petit buisson qui se profile dans le brouillard. Lévi arrête de la main l'abbé Mercier et avance, pas à pas, pistolet au poing... Une silhouette d'homme surgit du buisson et Lévi, reconnaissant le profil du casque allemand, se rejette en arrière, empoigne l'abbé par sa soutane, et l'entraîne hors de la voie ferrée. Aussitôt ils entendent: "Wer da !" puis la rafale d'une mitrailleuse qui continue à arroser le ballast pendant qu'ils filent à travers champ. C'était vraisemblablement cette mitrailleuse qui avait fauché les Américains rencontrés précédemment.

La situation était claire. Les Allemands étaient là où je pensais que se faisait notre liaison avec les Américains. Dans l'après-midi, il ne se passe rien de notable, à part le bombardement habituel de mon P. C.. J'ai à dîner le lieutenant-colonel Dussauge et son adjoint le capitaine Vincendon.

Pendant la nuit la relève à gauche par le 41e B. C. P. se fait normalement. Mais à droite, j'apprends qu'à 2 h. 30, le bataillon du 306e R. I. U. S. n'est pas encore arrivé et que la relève du bataillon de droite du 307e ne pourra pas avoir lieu. Je prescris en conséquence au bataillon de soutien du 279e qui devait être remplacé en soutien par le bataillon du 307e relevé par les Américains, de rester sur place.

Le 12 Août, la 77ème Division relève la 4ème qui est à l'Ouest de Fismes. Le 13 Août les limites des divisions sont modifiées ainsi, la 28ème Division tient Fismes et 4 km de la rive Sud de la Vesle, à l'Est. La 77ème tient les 5 km de la rive Sud, à l'Ouest de Fismes.

12 août - J'apprends à 7 heures du matin que les 2 bataillons américains qui devaient relever mes 2 bataillons le droite (1ère ligne et soutien) sont enfin arrivés et se trouvent actuellement dans les bois au N. et au S./E. de la ferme Montbani. Je suis ainsi sûr de les avoir ce soir pour la relève.

13 Août - Je passe à 8 heures le commandement de la partie droite de mon secteur aux Américains (77e D. I. U.S.). J'ai quitté Mont-Notre-Dame à 10 heures au moment où le bombardement recommençait en raison de l'énorme circulation des camions américains. Depuis 8 heures du matin nous ne sommes plus sous les ordres du 1er C. A. U. S. qui a été retiré et remplacé par le 3e C. A. U. S..

Pour les 10 jours suivant, jusqu'au 22 août, comme pour les autres front où aucun belligérant ne tente d'avancer, ce secteur fut relativement calme, sauf la nuit. Pendant la journée tous les hommes restaient dissimulés pour échapper à la vigilance des snipers et des observateurs d'artillerie, en quête de cibles favorables. Après la tombée du jour, cependant, le flanc de la colline était animé par les hommes occupés à renforcer les positions, tandis que les patrouilles, des deux côtés, essayaient de découvrir les positions et les intentions de l'adversaire, fréquemment elles se faisaient accrocher le long des berges de la rivière et s'engageaient, dans la nuit, dans combats désespérés.

Aujourd'hui, en bordure de la route Fismes Soissons (N 31), on peut voir le monument de la 4ème D.I. U.S., de l'autre côté de la route, vers Fismes dans la partie boisée se trouve le Château du Diable qui fut très disputé aux Allemands par les 4ème, 28ème et 77ème D.I. U.S.. En particulier le 22 août les Allemands attaquent les positions de la 77ème Division, derrière la voie ferrée, et rejettent les Américains sur la rive Sud. Tôt le lendemain matin la 77ème Division contre-attaque et après des combats qui durent dans la nuit regagne une partie du terrain boisé. Tôt, le 27 août un assaut bien préparé permet de prendre Bazoches, le Château du Diable est aussi attaqué mais, dans les deux cas l'objectif est atteint, dans la journée, après de sévères combats, mais ne peut être conservé.

 

Deux attaques allemandes furent repoussées pendant la nuit du 1er au 2 septembre.

 

Il faut attendre le développement de l'offensive du 18 août au Nord de Soissons, qui tournent les lignes allemandes, pour que les Allemands commencent, lentement, l'évacuation de la rive Nord de la Vesle pour s'établir sur l'Aisne. Cette manoeuvre de retraite est couverte, principalement, par un maillage de nids de mitrailleuses.

Le 4 septembre, les divisions américaines commencent la poursuite vers le Nord, des Allemands qui ont décroché la nuit précédente, la 77ème Division traverse la Vesle, occupe Bazoches, et atteint la vallée de l'Aisne, le 6 septembre, où elle établit sa ligne de front, près de la rivière, après une avance de 9 km. Les jours suivant sont marqués par de violents combats locaux sans résultats significatifs.

Le 6 septembre, la 28ème Division a pris Baslieux et est arrêtée 1500 mètres au Nord.

Le 14 septembre, la 77ème division participe à l'attaque générale et fait quelques gains en dépit d'une résistance acharnée. Ce fut pendant les combats de ce jour que le Capitaine L. Wardlaw Nüles, se conduisit héroïquement et en fut récompensé par la médail d'Honneur du Congrès. Il se porta volontaire pour conduire une attaque périlleuse à la tête de sa compagnie sur une position de commandement retranchée, près du Canal de l'Aisne, que les assauts précédents n'avaient pas permis de prendre. Immédiatement accroché par un puissant feu de mitrailleuses, contre lequel il n'avait pas d'appui d'artillerie, le capitaine précéda la 1ère vague et ouvrit un passage dans les barbelés ennemis. En faisant ainsi il fut blessé cinq fois par des balles de mitrailleuses, ses deux jambes et un bras étaient fracturés, cependant il ordonna d'être placé sur un brancard et porté en avant dans la tranchée ennemie afin d'encouager et de diriger sa compagnie qui avait subi de lourdes pertes. Sous son exemple, les hommes tinrent la position hostile et consolidèrent la ligne de front après une attaque de deux heures. Ce brave officier fut transporté, contre sa volonté, à un poste de secours pour les soins.

Le front est stabilisé sur cette ligne, le 16 Septembre 28ème et la 77ème divisions US sont relevées par les deux divisions italiennes qui se sont vaillament battues sur la vallée de l'Ardre, en Juillet, dans la Vème Armée.

Au cours de ces opérations, efforts répétés pour traverser la Vesle et énergique poursuite, la 28ème Division a perdue 5300 hommes et la 77ème près de 4800.

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