Mon village dans la Grande Guerre

Mon village actuel était, en 1914, composé de deux communes : Coulonges-en-Tardenois et Cohan .... Après la deuxième Guerre Mondiale les deux communes ont fusionné pour former Coulonges-Cohan.


Dans un paysage de pénéplaine, de collines souvent boisées, les deux agglomérations sont sur le cours, d’une petite rivière , l’Orillon, qui coule, grossièrement du Sud vers le Nord .... 


Il est bon de rappeler que Coulonges-Cohan passe la Grande Guerre à l’arrière du front du Chemin des Dames, dans une zone relativement calme, où les soldats français viennent se reposer. Cette tranquillité relative n’est bouleversée, que deux fois, :
- Au début de septembre 1914, quand les Allemands traversent le secteur rapidement vers le Sud ....

Sur cette carte, on voit la 2e Armée Allemande, le 2 septembre 1914, traverser Coulonges vers le Sud, à la poursuite de la 5e Armée Française.
Notons que les Coulongeois qui avaient déjà vu les civils belges fuir vers le Sud, vont à leur tour, prendre la route vers le Sud, à pieds ... Ils seront rattrapés et dépassés par les Allemands vers Montmirail et commenceront à « remonter » ....


Comment expliquer l’incroyable « Miracle de la Marne » ???. En effet le 7 septembre 1914 la victoire allemande est très probable, il suffit de repousser les Armées Françaises vers le Sud, le front est prêt à s’écrouler ..... Ce grain de sable vient-il de l’attaque de la 9e Armée Française sur l’Ourcq ???  Qui sait ???...
On voit bien sur cette carte que les Allemands ne mettent que 7 jours pour « remonter » derrière le Chemin des dames !!! La France est sauvée !!!
Fin de la Première Bataille de la Marne.
Commence une longue période de tranquillité relative qui sera bouleversée, fin mai 1918.


27 Mai 1918 . Le succès de l’attaque surprise allemande sur la Chemin des Dames, s’explique en grande partie par le refus du général commandant la 6e Armée Française d’appliquer la directive du Général Pétain relative à la défensive en profondeur ........ ;

- A la fin Mai 1918, Les Allemands écrasent et submergent les troupes franco-britanniques du Chemin des Dames et « descendent » en 3 jours sur la Marne, jusqu’à Château Thierry …..


Commence une période d’occupation très active, de notre secteur, d’un mois et demi, où les Allemands préparent une énorme offensive : « Friedensturm » (l’Assaut de la Paix), c’est dans cette courte période que les Allemands construisent le petit train qui amène les munitions et les vivres en prévision de la gigantesque attaque qui doit permettre de traverser la Marne et de descendre, comme en 1914, vers la Vallée de la Seine …..

 C’est dans ce contexte de préparatif de l’attaque qui devait être une surprise ( les Allemands escomptaient que les Français auraient arrosé généreusement la Fête Nationale du 14 Juillet, d’où le choix d’attaquer de nuit le 15 juillet 1918 ….) que l’aviation alliée essayait, elle, d’observer les mouvements de troupes ennemies …. d’où la mort de Quentin Roosevelt dans sa mission d’observation. C’est le début de la 2e Bataille de la Marne

Malheureusement pour les Allemands, l’attaque à l’est de Reims est un échec et celle dans le secteur de Dormans, au sud de la Marne, piétine … De plus la Xe et VIe Armées Françaises attaquent depuis la Forêt de Villers Cotterets le 18 juillet.
Sagement, les Allemands décident de retraiter rapidement vers le Nord, vers la vallée de la Vesles pour établir une ligne de défense.
https://cavalbatmarne.sam2g.fr/
https://cavalbatmarne.sam2g.fr/https://cavalbatmarne.sam2g.fr/

https://cavalbatmarne.sam2g.fr/batmarn2/menubat1.htm

Mais les Allemands doivent récupérer leurs stocks de vivres et munitions et les évacuer vers la Vesles, donc ils vont s’accrocher au terrain et combattre avec acharnement pour freiner les Alliés.



Saponay libéré par la 63eDIFr, Fère par la 62e DI Fr, Sergy et Meurcy par la 42e DIUS, Cierges par la 32e DIUS, le Bois Meunière par la 4e DIFr, ..etc ... Le Tardenois est libéré par les Xe, VIe et Ve Armées Françaises !!!


Français de la 4e DI sortant du Bois Meunière  avec leurs prisonniers et une mitrailleuse allemande

Ce sont des dizaines de milliers de combattants qui s’affrontent dans notre secteur et ce n’est que le 2 août 1918, deux semaines après le décès de Quentin Roosevelt et du début de Friedensturm que les Américains de la 32e D.I.U.S. découvrent la tombe de Quentin Roosevelt et libèrent notre Commune.
http://20072008.free.fr/journee312008quentinrooseveltdoc5.htm
https://cavalbatmarne.sam2g.fr/batmarn2/ourcq32fr.htm(https://cavalbatmarne.sam2g.fr/batmarn2/ourcq32fr.htm)
C’est la fin de la 2e Bataille de la Marne

En août 1918, les combats sur la Vesles seront soutenus mais le calme relatif de notre secteur reviendra progressivement.

Donc notre Commune a été impliquée dans des combats violents du 15 juillet au début août 1918.

Pas très loin de la tombe de Quentin Roosevelt un vestige des très durs combats du secteur nous est parvenu ....
En effet, j’ai trouvé, il y a une quarantaine d’années, un fusil Mauser 98 dans le ru de Chamery après un violent orage ….

 Il est le témoin de la violence des combats du 2 août 1918 car il a été volontairement détruit après la mort de son propriétaire qui tirait sur la Ferme de Reddy où arrivaient les Américains de la 32e D.I.U.S. …..
Ne voulant abandonner l’arme en état, aux Américains, un Allemand a appliqué la consigne, on jette au loin la culasse et on fracasse la crosse, ce qui voile le magasin du fusil ….
Mauser Gewehr 1898 (Allemagne) Caractéristiques Mauser Gewehr 1898 Calibre 7,92 mm. Longueur : totale, 1,25 m; canon, 0,74 m. Poids 4,200 kg. Vitesse initiale 640 m/s. Chargeur boîtier intégré de 5 cartouches
 

Reste du Mauser Gewehr 1898 retrouvé dans le ru de Chamery

 
En fracassant la crosse on voile les parois métalliques du magasin, la magasin ne peut plus recevoir de cartouches. L’arme est inutilisable !!! Le magasin est faussé lorsque la crosse a été cassée sur le sol. La culasse ayant été jetée …...
La culasse étant tirée à l’arrière le magasin reçoit les cartouches 


La hausse de combat est à zéro pour le tir rapproché


|La hausse de combat est restée dans la position du dernier tir (1200 mètres, neutralisation sur la ferme de Reddy)

Culasse fermée et hausse de combat à zéro !! |





Lorsque la culasse est vers l’avant, les cartouches de réserve sont dans le magasin. La chambre du canon est vide, pour des questions de sécurité. Sauf pendant les périodes de combat, dans ce cas un mouvement de la culasse d’arrière en avant amène une cartouche dans la chambre.

Un fusil de référence
Le Mauser 98 était LE fusil de référence. Le premier sortit des usines Mauser en 1898, il était l’un des premiers fusils à chargeur européen. Il acquit très vite une réputation d’excellence à tous les niveaux, preuve en était qu’il fut acheté par énormément de nations (par exemple : la Belgique, la Turquie, l’Espagne, la Suède, la Chine, certains pays d’Amérique du Sud et d’Afrique) et ce avant même de devenir l’arme principale de l’armée prussienne. Ce fut le fusil réglementaire de l’armée allemande lors des deux guerres mondiales, même s’il était concurrencé par la version « KAR 98 » lors de la guerre de 39-45. Il continua sa carrière après la guerre dans bon nombre de pays du Tiers-Monde. Il eu un service effectif de plus de 75 ans.
On se sert toujours du Mauser 98 comme modèle, certains fusils célèbres comme le Springfield 1903 américain(https://www.secondeguerre.net/articles/armes/us/fu/ar_springfieldm1903a4.html) en sont directement inspirés. La cartouche de 7,92 mm inventée en 1888 par la firme Mauser est également toujours utilisée. De nombreuses versions virent le jour dont le KAR 98 (à l’origine pour la Cavalerie) qui était plus court de 15 cm que le Mauser 98 classique (il fut également l’arme allemande la plus répandue de la Seconde  Guerre mondiale(https://www.secondeguerre.net/articles/armes/de/fu/ar_mau


Retour à la page d'accueil